Rendez-vous avait été pris à 8h30 au centre équestre pour une petite virée sur la plage.
Tout le monde est là.
A la porte.
Car Mumu, la monitrice en chef, a égaré ses clefs.
Fermé le club house, fermé la sellerie sauf celle des propriétaires dont votre serviteur possède la clef.
Les chevaux attendent dans leur box, que leurs cavaliers viennent poser sur leurs membres, les protections nécessaires pour un transport routier d'une cinquantaine de kilomètres.
Mumu arrive,avec les doubles, bonnet multicolore à pompons sur la tête, et de sa voix si délicate, enjoint chaque cavalier à s'occuper de sa monture.
Lors de l'embarquement, Képi hésite longuement avant de franchir le pont du camion et de s'installer tête-bêche avec sa compagne de pré.
Puis le convoi composé du camion, de deux vans tractés, et de trois voitures, s'ébranle et,  à un train de sénateur, prend la direction de Plouharnel sur la presqu'île de Quiberon.
L'excitation commence à gagner la petite troupe, les chevaux sont débarqués, attachés au milieu d'un bosquet de pins, brossés et sellés.
Mumu constitue deux groupes, en fonction des aptitudes de chaque cavalier, qui partent à tour de rôle sur la plage.
Nous traversons les dunes, au milieu des blockhaus qui parsèment la côte, puis abordons la dernière montée avant de descendre dans le sable mou de la plage.
La mer est calme car le vent d'Est modéré, a l'avantage d'annihiler la houle, venant du large.
Nous nous approchons du bord de l'eau. Il semble que pour Képi, ce soit une première.
Les oreilles se dressent, le pas devient hésitant. Puis les premières vaguelettes l'impressionnent et le font bondir de côté. Ces sauts de puces me déséquilibrent et me font craindre la chute. Mais à force de persuation, nous arrivons à nous rapprocher des autres qui ont déjà de l'eau jusqu'au poitrail.
Mais les petits rouleaux, qui se forment à 20 mètres de la plage, n'incitent pas Képi à pousser plus loin que l'eau aux genoux.
Néanmoins le trot et le galop dans une telle hauteur d'eau procure une sensation  et des éclaboussures prodigieuses.
Mais les ardeurs des cavaliers sont un peu refroidies lorsque le cheval de Marianne trébuche et tombe à genoux dans l'eau, entraînant sa cavalière dans un bain forcé.
Le deuxième groupe attend son tour pour aller jouer dans les vagues. Tandis que nous leur laissons l'immense terrain de jeux, nos chevaux récupérent, de leur premier bain de mer, en broutant leur filet de foin.
Une heure plus tard, Michel revient avec sa fille, qui par malchance s'est retrouvée projetée dans l'eau glaciale.
Puis la deuxième vague (humour) des cavaliers revient au paddock. Bénédicte, le fils de Léo et Mumu arrivent trempés. La plage aux grands rouleaux a encore frappé. Une vague énorme a surgit de nulle part, amenant la pagaille au milieu des chevaux et provoquant chutes et cabrages.
Le temps de trouver quelques rechanges, récupérés à droite ou à gauche, et tout le monde se retrouve dans l'herbe pour pique-niquer.
Rassasiés, nous repartons illico pour quelques galopades sur la plage, au milieu des promeneurs, des chars à voile, des cerfs volants et des planchistes.
Nous montons, en groupes dispersés, vers le fort de penthièvre au trot puis au petit galop.
Les chevaux échauffés, mumu rassemble tout le monde sur une ligne pour lancer la course.
Avec Képi, nous prenons un départ prudent, bon dernier, puis  nous remontons au fur et à mesure quelques chevaux pour conserver une allure soutenue mais régulière tout au long du parcours.
Nico nous a proprement largué et finit loin devant. Képi a gardé le rythme tout au long du parcours sans paraître essouflé. L'entraînement a du bon.
Le deuxième groupe prend le relais. Pendant ce temps les chevaux sont brossés, pour les débarrasser du sable qui s'est accumulé dans leur pelage d'hiver. Une bonne ration de granulés, pour les efforts fournis, puis on leur  bande les membres, on les chouchoute, nos montures.
Nous retournons  à pied vers la plage, voir nos accolytes galoper.
Les chevaux sont en sueur, même Ivanhoé, le trait breton a du plaisir au grand air.
Nous rejoignons au pas, le camion.
Une bonne journée de défoulement physique pour les chevaux et les cavaliers.
Tout le monde semble en avoir plein les jambes.
Qui a dit que l'équitation ce n'est pas du sport surtout quand on l'associe à la natation.