Vendredi 1 décembre:

Avant de fêter l'anniverssaire de Martine, avec les enfants, nous préparons nos affaires de randonnée pour le weekend.
La météo est pessimiste pour dimanche. Les pantalons de kayak, les ponchos, les rechanges remplissent les sacs.
Mais il est temps de préparer la fête, de mettre les petits plats dans les grands, de sortir l'argenterie et les cadeaux.

Samedi 2 décembre:
 
Rendez-vous à 8h30 à Lanester où nous prenons les MOMO au passage.
Les petites gouttes qui tombent à Noyalo ne sont plus qu'un mauvais souvenir.
Plus le Finistère approche, plus le ciel se découvre pour laisser la place au ciel bleu.
Deux heures de route pour rejoindre la pointe du Raz. Nous laissons la voiture auprès de la chapelle Saint Michel.
Sac au dos, nous empruntons le sentier qui mène à la côte.
Le vent d'ouest souffle de façon modéré à assez fort.
Mais nous profitons de cette radieuse journée pour parcourir le sentier douanier entre la pointe du Raz et la pointe du Van.
Le retour se fera par la terre afin de boucler cette balade.
La houle vient se fracasser sur les roches granitiques. Le spectacle est au rendez-vous. De minuscules abris sont dissimulés dans la côte.

raz
Pointe du raz
Les canots sont remontés au treuil et amarrés sur les rampes d'accès en prévision d'un coup de tabac.
Tous les sens sont en éveil devant ce tableau vivant de la nature; l'ouie pour le bruit des vagues, pour le ressac de la houle sur les galets, pour le cri des mouettes; la vue pour le mouvement de la mer, pour l'écume qui jaillit des coups de boutoir de l'océan, pour tous ces phares et balises dispersées au milieu de l'élément liquide, pour l'île de Sein qui émerge à l'horizon; l'odorat pour les fougères dans leur livrée automnale, pour les embruns chargés d'iode, pour l'humus de la terre qui chauffe aux rayons du soleil; le goût pour ce délicieux pique-nique, pour le reste du gâteau d'anniversaire; le toucher pour ces bisous dans le cou.
Après la traversée de la plage de la baie des trépassés où s'ébattent quelques surfeurs, nous rejoignons la chapelle de la pointe du Van.
Construite au bord de la falaise, elle fait front aux tempêtes.
Entièrement rénovée, nous entrons dans son sein pour découvrir les nombreux ex-votos laissés en signe de reconnaissance par des équipages.

port
Abri côtier
Nous entamons le retour par les terres, en traversant quelques villages aux bâtisses en pierre afin de résister aux assauts du vent et de la pluie qui balaient cette lande bretonne.
Une pancarte "four du XVIIème" attire notre attention.
La porte est ouverte, et le propriètaire des lieux nous accueille.
Ce four dépendait d'une grosse ferme qui, autrefois, abritait de nombreux gens (famille, journaliers).
On y cuisait bien sûr le pain, mais aussi les pâtés, les rôtis et les gâteaux.
Nous savourons les explications sur le fonctionnement du four, sur la construction (poutres provenant d'épaves, implantation par rapport à l'écoulement des eaux, corbeaux taillés pour permettre d'enfourner les pains), sur les symboles afin de conjurer le mauvais sort (tête d'os pour patère).
Un petit quart d'heure de rencontre et d'ethnologie pour conclure cette randonnée.
Nous rejoignons la voiture et filons sur Audierne. Notre gîte se situe au dessus de la ville, dans les bois.
L'accueil est sympa, les chambres confortables, agréables et chauffées.
Une fois installés, nous rejoignons la salle commune et nous attendons Catherine et Alain pour descendre sur Audierne.

chapelle
Chapelle du Van

L'heure tourne, nous dévorons les revues qui sont à notre disposition. Les MOMO sont cloîtrés dans leur chambre.
Le temps passe, la nuit est tombée, nous commençons à tourner en rond.
Le claquement d'une porte, puis d'une autre, et Catherine apparait, surprise de nous trouver affaler dans nos fauteuils en rotin.
La mauvaise foi ! "Mais, on vous attendait".
Le temps de l'apéro étant arrivé, bouteille et gâteaux sont disposés sur la table.
Le temps des cadeaux aussi. Martine se voit offrir un cd et un bouquin.
Pas d'hésitation, nous prenons la voiture pour descendre sur Audierne. Les risques de tempête sont réels et l'éventualité de remonter au gîte sous un déluge dissuade les plus courageux.
Les quelques adresses obtenues auprès du responsable du gîte ont toutes portes closes.
Nous vadrouillons dans la ville, quasi déserte, à la recherche d'une crêperie.
Plusieurs âmes errent, ce samedi soir, à la recherche d'une table où poser les coudes.
Dans une ruelle paralléle au port, nous entrons, après quelques hésitations, au blé d'or.
Peu à peu la gargotte se remplit. La crépière, seule, assure pour prendre les commandes, cuisiner et faire le service.
Repus, nous rejoignons nos chambres. 
La nuit est agitée. Les rafales de vent se succèdent. Des trombes d'eau s'abattent sur les tôles du passage couvert qui relie les chambres aux pièces communes. J'ai un mal fou à trouver le sommeil.

Dimanche 3 décembre :
Au petit matin le calme est revenu. Le ciel se découvre peu à peu. Le bleu devient la couleur dominante.
A neuf heures pétantes, nous nous apprêtons à prendre notre petit déjeuner.
Hier soir, j'avais proposé de se retrouver vers 9h30 autour du bol de café bien chaud et de tartines finement grillées. Mais pour Catherine l'heure était tardive si nous voulions profiter de notre journée.
A 9h25, nos deux bols de céréales avalés, nous attendons les tartines que nos deux lève-tards ont avec eux.
Impatient, je descends à la boulangerie acheter des baguettes.
A 10h40, Catherine apparait fraîche et pimpante. "deux ou trois minutes de retard" dit-elle insouciante.
Avant de remonter la rivière du Goyen jusqu'à Pont-Croix, nous poussons une petite reconnaissance jusqu'à la côte.
La tempête de cette nuit a laissée des traces. Le sable s'est accumulé sur la route côtière. La houle explose, en gerbes d'eau, sur les môles et les tourelles, les vagues font le bonheur de quelques surfeurs.

pointe
Ile de Sein à l'horizon
La furie de la mer est un spectacle qui fascine, envôute malgré la peur qu'elle suscite par le naufrage, la noyade ou la submersion.
Nous nous détachons de son emprise, pour rejoindre un univers plus calme. Du coté de la rivière du Goyen, malgré les risées qui lèvent un petit clapot, l'apaisement est de mise.
Nous longeons la berge, contournons les anses, gravissons les pentes de la ria. Nous dominons toute la vallée, et le bourg de Pont-Croix apparait au détour d'une courbe. Le clocher de l'église et de la chapelle du séminaire surplombe la vieille ville médiévale.

vagues
Tempête sur Plozévet
L'heure du pique-nique a sonné. Une table en bois évite d'avoir à s'asseoir sur l'herbe détrempée par les déluges de la nuit.
Visite de la cité médiévale. Nous parcourons les venelles, traversons la place du champ de foire, puis contournons le petit séminaire dont un incendie à ravager une bonne partie des bâtiments (http://www.audierne.info/pages/services_publics/pompiers/le_seminaire_en_feu.html).
Nous profitons du marché de Noël pour contempler le travail des artisans.
Le chemin du retour s'effectue sur l'autre rive du Goyen. Vent de face, nous luttons, emmitouflés, pour avancer.
Vers 16 heures, notre périple de deux jours dans le pays bigouden prend fin.
Afin de profiter de la fin d'après-midi, autrement que sur la route, je propose de divaguer par la route cotière.
Nous ne serons pas déçus. La mer, dans sa furie, vient se fracasser sur la côte, passe par dessus les môles abritant les petits ports.
Les appareils photos sont de sortie, pour immortaliser la beauté sauvage de l'océan.
Décoiffés par les rafales, saoulés par les embruns, éblouis par les rayons rasants de l'astre solaire, nous assistons à la dernière salve de ce feu d'artifice automnale.