Après la découverte de Santorin, Naxos et Amorgos, notre désir était de revenir en mer Egée pour approfondir notre culture hellénique et profiter des bienfaits de la cuisine, de la météo et de la randonnée. La ligne maritime occidentale a été privilégiée pour l'authenticité, la beauté et les sentiers d'une partie de ses îles: Sifnos,Kimolos et Sérifos.

cyclades2007

Depuis la Bretagne, pour profiter des vols low-cost vers les pays sud européens, nous devons monter à la capitale.
De notre soirée parisienne, nous déambulerons de Montparnasse au Marais.
De quoi mettre, déjà, nos muscles jambiers à rude épreuve.

Dimanche matin, début du périple qui, de la place Denfer-Rochereau par la navette Orly-bus à l'aéroport, puis l'enregistrement, l'embarquement à bord d'un airbus A319 de la compagnie Easy Jet, les trois heures de vol, l'arrivée à Athènes par le métro ligne 3, un changement ligne 2, nous fera arriver au port du Pirée en fin d'après-midi.

De la station de métro à l'hôtel Argo, nous ressentons soudainement la chaleur hellénique. Nous avons hâte de déposer nos sacs, de prendre une douche et de profiter de l'atmosphère grecque de cette fin de journée. En ce dimanche, le centre ville d'Athènes est calme. Les touristes en profitent pour se promener autour du parc national et de l'esplanade du parlement. Ils assistent, médusés, à la relève de la garde. Puis, ils se dirigent vers le quartier de Plaka et se perdent dans les ruelles à la recherche d'un restaurant.
Nous avons jeté notre dévolu sur la taverne Tou Psavos qui se niche, sous l'Acropole.
Après avoir erré, malgré un plan, une bonne demi-heure dans le quartier, nous nous installons à une table pour savourer notre premier repas grec.

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               Relève de la garde sur la place du Parlement

Lundi matin, nous quittons l'hôtel de bonne heure pour monter à bord du hight speed qui doit nous mener à Sifnos. La veille, nous avions pris nos billets et avions repéré le quai où serait amarré notre bateau. Ainsi détendus, nous profitons de ce début de journée, à bord, en prenant notre petit déjeuner. La traversée s'annonce calme.
Après trois heures de navigation et une escale à Sérifos, nous débarquons sur le quai du port de Kamarès.

Je sens retomber la pression de ces derniers jours. J'attendais cet instant avec impatience. Le moment où je poserais mon sac et où je profiterais d'un séjour de plusieurs jours sur une petite parcelle de terre. Une île que nos pas allaient sillonner de part en part.
Notre instinct nous entraîne vers le bord opposé du port, et parmi les quelques adresses glanées ici et là sur la toile, nous optons pour la pension Moscha. L'accueil est des plus sympathiques. Notre chambre avec terrasse couverte est charmante. Le temps de s'installer, de récupérer les horaires de bus, nous sommes en route vers Appolonia, plaque tournante vers les différentes localités de Sifnos.
Nous entamons notre première rando en direction de Kastro. Comme vous pouvez le constater, la soif de découverte ne nous laisse que peu de répit. Une boucle nous entraîne vers Kastro, Artemonas et Appolonia.
La petite cité de Kastro, toute de blanc vêtue, édifiée sur un téton rocheux domine la grande bleue. Nous parcourons, en tous sens, ses petites venelles où le rouge flamboyant des bougainvilliers détone sur la blancheur immaculée des murs.
A l'ombre du patio du café Konaki, nous récupérons de la chaleur accablante. Pour marcher à cette heure de l'après-midi, il faut être frappé comme le nescafé que nous dégustons.D'Artemonas à Appolonia, nous empruntons la rue piétonne. De toute beauté!
Grâce à un réseau de bus performant, nous revenons sur Kamarès en début de soirée.

Lever tardif le mardi matin : 7h45.

Le petit déjeuner est servi sur la terrasse commune. Oh! Surprise, jus d'orange pressé, riz au lait à la cannelle, confiture, miel, œuf dur, thé ou café s'empilent sur notre table. Nous n'en revenons pas. Le hasard qui nous a guidé vers la pension Moscha a bien fait les choses.

La randonnée du jour doit nous conduire d'Appolonia à Vathy. Nous empruntons des sentiers muletiers où les fleurs embaument l'air que nous respirons. Des églises et des chapelles orthodoxes ponctuent notre parcours. Même aux milieux de ruines, l'église est entretenue, blanchie à la chaux et ouverte aux visiteurs de passage. A l'intérieur, la lueur des bougies illumine les nombreuses icônes accrochées aux murs.
L'arrivée sur le port de Vathy est à couper le souffle. Nous descendons sur la plage dont le sable chaud nous brûle la plante des pieds. Nous ne résistons pas à une baignade. Puis nous nous abritons sous un splendide tamaris en attendant de reprendre le bus pour Appolonia et sa correspondance pour Kamarès.Comme tous les soirs, nous descendons sur le port, déguster la délicieuse cuisine grecque.

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                  Chapelle au milieu des ruines

En ce mercredi, l'île de Sifnos fête sa sainte patronne au monastère de Christophigi. Nous avons donc prévu de nous y rendre à pied pour participer à cette fête qui doit débuter vers 17 heures.
D'Appolonia, nous reprenons le sentier qui conduit à Kastro. Nous désirons lever le dernier voile sur l'acropole que nous avions omis de visiter. Nous grimpons au sommet de Kastro pour découvrir une petite forteresse en cours de restauration. Puis nous reprenons notre chemin vers Faros. Nous empruntons un itinéraire non décrit dans notre road-book, en nous fiant à la carte.La chaleur est torride. Nous cherchons l'ombre d'un olivier pour pique-niquer. Mortadelle, fromage et orange seront les trois composantes incontournables de notre collation méridienne.

Les sentiers se croisent en tous sens, et j'ai dû mal à repérer sur la carte la bonne orientation. Quand nous arrivons sur la route goudronnée, notre point de repère qui devait être une centrale solaire photovoltaïque s'est transformé en centrale électrique à fuel. Nous avons dévié de quelques kilomètres dans l'est, et nous longeons la route asphaltée pour retrouver le bon monopati.Au port de Paros, nous profitons d'une belle plage pour prendre un bain et succomber au charme du farniente, avant de continuer vers le monastère. Lorsque nous y arrivons, les festivités n'ont pas commencé. Nous poussons vers la station balnéaire de Platis Gialos. La station touristique par excellence. Déserte, morne, nous faisons aussitôt demi-tour.Les Sifniotes commencent à arriver en bus, en taxi, à moto, en scooter au monastère. De petits bateaux se sont regroupés dans l'anse, au pied de l'église. Puis un ferry vient mouiller au milieu de l'anse, dans un concert de cornes de brume, de fumigènes auxquelles les cloches de l'église répondent. Un transbordement a lieu entre le ferry et la terre ferme pour amener les popes, la fanfare de la marine et les diverses personnalités ainsi que l'icône. Dans un dernier délire de sirènes et de carillons, le coté païen laisse place à la cérémonie religieuse, qui se déroule sur l'esplanade.

Le dernier bus pour Appolonia doit partir avant la fin de la cérémonie afin de récupérer la correspondance avec celui qui descendra au port. Mais le chauffeur en a décidé autrement. Il attend la fin de la célébration afin de remplir son bus. Avec plus d'une demie-heure de retard, nous arrivons sur la place d'Appolonia. La descente vers Kamarès doit se faire à pied, en stop ou en taxi.En alternant marche rapide et footing, nous dévalons les sept kilomètres pour atteindre le port à la nuit tombée.
Pour le dîner, nous nous contentons de giros-pitas, d'oranges et de yaourts et nous rentrons exténués à l'hôtel.

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                                             Monastère de Chrisopigi       

Ce matin, les jambes sont douloureuses. Nous avons donc prévu une journée relax. La partie Nord de l'île ne permet pas de randonner facilement. Nous rejoignons le petit village de Chéronissos par le seul bus qui fait la liaison quotidiennement. Nous traversons des paysages pauvres en végétation, vallonnés, minéraux. Le village est niché dans une baie profonde. Des deux tavernes tapies au fond de l'anse, nous choississons celle""recommandée" pour y déguster de savoureux plats de pieuvres et de calamars. Nous goûtons ce moment de quiétude, sur le bord du quai, où les coques des canots se reflètent dans l'eau cristalline.

Dès 16h00, nous reprenons le bus. Le vent a forci, et dans le port de Kamarès, les voiliers roulent bord sur bord. Un voilier tente de s'amarrer, nous saisissons une des amarres pour l'aider à venir se ranger entre deux autres voiliers. Soudain une certaine animation envahit les quais.

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                                                 Tavernes de Chéronissos                          

La météo ne s'est pas arrangée. Le vent n'a pas diminué d'intensité et le brouillard est de la partie. Pour l'ascension du point culminant de l'île, nous espérons néanmoins une petite éclaircie. Nous nous équipons en conséquence. Dès les premiers dénivelés, la pluie se met à tomber dru. Nous nous réfugions dans un abri de berger tout en pierres. Les coupe-vents sont mis à sécher et à la première accalmie, nous repartons. Quelques trouées dans l'épaisse brume nous laisse entrevoir la mer et les villages alentour. Le monastère apparaît enfin, construit au sommet de Sifnos, entouré des limbes de brouillard qui s'effilochent. Le réfectoire, creusé dans la roche, nous met provisoirement à l'abri des intempéries. Une visite de l'église s'impose, et sous le porche d'entrée, nous sortons notre pique-nique. L'humidité et le vent n'incitent pas à prolonger cette halte. Au lieu de redescendre par l'autre versant, de peur de nous perdre dans cette boucaille, nous reprenons le même chemin.

La pluie redouble, mais à mi-sente, le soleil reprend ses droits et mes vêtements seront presque secs lorsque nous commanderons les pâtisseries et le café frappé sur la place d'Appolonia.
La journée du samedi sera exécrable. De la pluie, de la pluie, de la pluie de sept heures du matin à dix neuf heures le soir. De la lecture, de l'écriture de cartes postales et des parties de Yatzee pour passer le temps. Malgré tout, nos estomacs ne vont se passer d'un petit repas au restaurant d'à côté. Au menu : lapin à l'origan et veau à la sauce au vin de Sifnos. Le retour, sous une pluie battante, a suffi pour être trempé des pieds à la tête. Dans la soirée, une météo plus clémente nous incite à sortir de notre tanière et a retrouver le chemin du port pour déguster des mézzés.
Nous faisons connaissance avec un couple de savoyards qui parcourent les Cyclades.

Pour notre dernière journée sur Sifnos, le soleil est revenu et le moral aussi. Avant de prendre notre copieux petit déjeuner, nous faisons quelques courses pour partir randonner. Notre prochaine destination n'étant pas pourvue de distributeur bancaire, il nous faut également récupérer des euros avant l'embarquement. Le distributeur du port ne fonctionne pas. Un passage par Appolonia est impératif. Notre itinéraire de rando doit être modifié.
Lorsque Martine envisage de prendre le bus pour Appolonia, il me vient l'idée de rejoindre à pied le village. Carte dépliée, nous découvrons une petite route qui serpente dans les coteaux, puis un monopati qui rejoint Artemonas en passant par Tri Pigès. D'artemonas, il nous restera à prendre la rue piétonne pour redescendre sur Appolonia. Nous en profiterons pour acheter de succulentes pâtisseries et sucreries. Le monopati, entièrement dallé, est magnifique. Nous ne regrettons pas notre mésaventure qui nous a fait découvrir un sentier de toute beauté. Au port, nous retrouvons nos compagnons de Haute Savoie autour de quelques mézzés dont la découverte des boulettes de pois chiche.

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        Ruelles et bougainvilliers

Nous embarquons pour Kimolos à bord d'un ferry dont la peinture cache une corrosion inquiétante. La traversée sera tranquille. Au port de Kimolos, deux autres personnes débarquent en même temps que nous.
Le logement que nous avions repéré est des plus spartiates. Mais à cette époque de l'année, l'île reçoit peu de monde et les lieux d'hébergement sont presque tous fermés. Maria, la propriétaire des lieux nous souhaite la bienvenue. Son âge avancé ne semble pas en adéquation avec la gestion d'une telle structure. Elle nous offre, dés notre arrivée, une bouteille d'eau et des confiseries. La spontanéité d'un tel accueil nous fait chaud au cœur.
Tout en errant dans la bourgade de l'île, nous cherchons désespérément un restaurant. Nous finirons sur le port par trouver la seule et unique auberge, fréquentée essentiellement par des grecs. Nous y dînerons fort bien, à un prix raisonnable. Notre étape de deux jours sur cette île va nous permettre d'en découvrir l'aspect minéral, qui ferait le bonheur de nombreux géologues.

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                              Couches géologiques sur Kimolos

Lundi matin, dès l'ouverture de la supérette, nous achetons quelques oranges, des yaourts et des berlingots de miel que nous compléterons par des brioches pour se confectionner un petit déjeuner, puis les indispensables tranches de mortadelles, un morceau de fromage pour le pique-nique. Sur la place principale du village, installés sur un banc public, nous savourons notre breakfast. Le ventre plein, direction les curatives baths "sources d'eau chaude". Au port de Goupa, nous tentons de longer l'arrière-port afin d'éviter la route asphaltée. Malheureusement, au milieu des oliviers, point de salut, il nous faut faire demi-tour et nous résoudre à marcher sur le bitume. Pour profiter des bains grecs, il faudra repasser en été. Nous continuons le long de la côte, au milieu d'une noria de camions bennes qui transportent le kaolin extrait des carrières de l'île.

Nous rebroussons chemin afin de récupérer un embranchement qui conduit vers l'intérieur de l'île. Les paysages sont montagneux, les dénivelés ardus. Arrivés à un col, des pancartes nous invitent à choisir une destination : ruines, plage, village. Nous optons pour la plage de Monasteria. La piste a été creusée à flanc de montagne. Les premiers kilomètres n'en finissent pas de monter à mon grand désespoir, car à ce rythme, la distance qui nous sépare de la plage s'allonge énormément. Puis au détour d'un virage, elle apparaît, en contrebas, minuscule. Une sacrée descente se profile. Après cette pente de plus de 10%, nous passons un long moment sur le sable à récupérer de cet effort soutenu et avec la perspective d'une remontée jusqu'au col. Le soleil tape dur, les bouteilles d'eau sont presque vides lorsque nous atteignons Chorio par un large monopati entièrement pavé.

Dès notre arrivée à la pension, Maria nous offre le café turc accompagné de biscuits. La barrière de la langue ne permet pas le dialogue, mais nous apprécions à leur juste valeur ces gestes de convivialité. Le lendemain matin, après s'être ravitaillés au bourg, nous prenons notre petit déjeuner sur le balcon. Et, Maria nous apporte un café turc et une part de gâteau au chocolat. Que dire de plus, nous sommes choyés. Avant de reprendre le ferry, nous longeons la route côtière afin de visiter une autre partie de l'île. Seulement quelques parcelles de l'île sont cultivées. Des lopins de terre où poussent des légumes tels que pommes de terre, courgettes, flageolets. Un ancien a attelé la mule et l'âne et pousse le soc pour tracer le sillon dans lequel sa femme sème des haricots. Une paysannerie d'un autre temps, pour nous, les bretons, champions du productivisme agricole.

Les paysages de Kimolos nous ont déçus, beaucoup trop minéraux à notre goût. Nous reprenons le ferry, sans trop regretter notre escapade de deux jours sur ce petit bout d'île. Direction Sérifos. Arrivés sur le port, nous partons à la recherche de l'hôtel ARGOS. Sa réputation dans les guides ne faillit pas car toutes les chambres sont indisponibles. Le patron nous propose un studio que nous négocions à 30 euros la nuit. Avec un immense balcon surplombant le port, une kitchenette pour se préparer le petit déjeuner et la sécurité assurée par la présence de la police du port à deux pas de notre porte.
Au bout du bout du port, nous trouvons le restaurant Chez O Tsakis, copieux, bon marché et accueillant.
Mercredi, nous reprenons le programme des randos choisies avant le départ sur le site de cycladen.be qui nous a permis depuis deux ans de découvrir les plus beaux sentiers des Cyclades. De Livadi à Chora, une multitude de marches permet de gravir la colline où s'étagent les petites maisons blanches dominées par la forteresse vénitienne.

Les ruelles labyrinthiques nous mènent sur la place principale, couverte de tables des cafés de Lou Stratou et de Zorbas.
Le sentier balisé nous conduit par une sente peu entretenue vers la petite chapelle de Pano Stratou. La porte est fermée mais la clef est sur la serrure. Nous entrons à pas feutrés dans ce lieu de recueillement. De la chapelle, un magnifique kalderini pavé nous amène au village de Kendorchas. Puis le chemin débouche sur une route goudronnée où nous hésitons longtemps avant de franchir le fossé et de nous aventurer dans la garrigue à la recherche d'un hypothétique sentier.

Nos pas écrasent les touffes de thym, de sauge, de cystes et d'épineux. Le sommet atteint, nous restons perplexes sur la direction à suivre. Nous optons pour une descente vers la mi-pente du vallon. Par malchance, je me tords le pied. La douleur est à peine perceptible. Qu'en sera-t-il à froid? Pour le moment nous continuons notre parcours sur une sorte de chemin muletier envahi par les genêts et les épineux. Les griffures s'accumulent sur nos mollets découverts. Après trois quart d'heures de galère, à éviter les toiles d'araignée, les pierres instables, les arbustes aux branches acérées, nous apercevons notre petite chapelle. Ni une, ni deux, nous prenons un cap direct en escaladant les murets de pierre. Les terrasses sont envahies par une végétation de touffes aromatiques. La progression est lente et le découragement gagne dans les têtes de ne pas retrouver le sentier. Après un dernier effort, dernière une ligne de genêts en fleurs, se cache le chemin tant attendu. Après une collation réparatrice au pied de la chapelle, nous prenons le chemin du retour. Les pistes forestières qui descendent vers le port de Livadi se perdent dans les jardins particuliers. Des immenses cannis ceinturent les petits lopins. L'ombre de ces tiges ligneuses entretient une fraîcheur qui favorise la culture des plantes légumières et la pullulation des moustiques. En sortant de ce dédale végétal, nous débouchons dans les rues commerçantes du port et regagnons notre studio.

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      Chapelle orthodoxe

Après l'épuisante journée d'hier, pourquoi ne pas profiter des merveilleuses plages de l'île de Sérifos ? Une journée de farniente, de baignade et de lecture. Puisque nos deux montagnards, Stéphane et Sylvie ont débarqué à Sérifos après quelques jours passés sur Folégandros, un apéro de bienvenue semble la meilleure solution pour faire plus ample connaissance.
Installés sur notre terrasse, nous dégustons l'ouzo, les olives et le tsatsiki.
Le contact verbal avec la population autochtone s'avérant difficile, le rapprochement entre compatriotes est inévitable.
En ce vendredi, la pluie est revenue en début de matinée. Dès la première éclaircie, nous partons en reconnaissance sur le sentier balisé n°2 qui part de Chora en direction de l'Héliport. Le Kalderimi a été aménagé sur le flanc de la montagne. Du port, il paraît vertigineux. En fait, il s'agit d'une ancienne voie de pénétration vers le cœur de l'île. Entièrement pavé sur une largeur de trois mètres environ, bordé d'un muret de pierres, il permettait à des charrettes d'accéder au col. De retour à Livadi, nous croisons Stéphane et Sylvie. Ils nous invitent à un apéro sur notre terrasse car leur chambre ne dispose pas d'autant d'espace que la nôtre. Nous finirons la soirée chez O Stratis autour des plats traditionnels et d'un kilo de vin. Dernière journée sur Sérifos car le lendemain, nous prenons le ferry pour Athènes.

Grosse rando, malgré une certaine lassitude. Depuis douze jours, nous avons accumulé pas mal de kilomètres au compteur. Néanmoins, nous prenons le bus pour Chora. La première partie jusqu'à Kendarchos nous est familière et avec un quart d'heure d'avance sur le topo nous arrivons à la chapelle de Stavros. Martine ronchonne. Le rythme est trop soutenu. Elle passe devant afin de freiner la cadence. Après le village, nous entrons dans l'inconnu ou presque. Les sentiers sont à nouveau envahis par la végétation avec quelques passages délicats. Mais auparavant, le monastère des Taxiarques, réputé pour ses trésors enfermés dans son église, nous accueille. Nous enfilons pantalon et robe avant de pénétrer dans l'enceinte fortifiée. Un couple de français s'y trouve déjà. Quelques bribes de conversations sont échangées avant que le bedeau local nous indique la sortie, mais le moine intervient pour nous permettre de visiter l'église, admirer les icones d'argent, les ex-votos avant sa fermeture au public.
Au village de Galini, assis sur un muret, deus personnages nous abordent. Le premier, un autochtone, nous demande où nous allons et déblatère pendant plus de cinq minutes, en grec, sur la direction à prendre. Nous ne comprendrons pas un seul mot de sa litanie. Le second, un américain dont le père était français, vit dans le village depuis un an et s'apprête à repartir dans son pays
A la sortie du village, le magnifique monopati s'enfonce dans un vallon, mais du côté opposé à celui indiqué sur le topo. Persuadés de pouvoir récupérer notre chemin, nous persévérons, jusqu'à déranger une mule et un âne qui broutaient paisiblement, obstruant totalement le chemin. Entravés, ils se déplacent avec difficulté pour nous laisser le passage. Martine met le pied entre deux pierres et se râpe le mollet. Plus loin, la végétation stoppe notre progression. Martine insiste pour continuer. Je renonce et fais demi-tour. Au bout de dix minutes, Martine me rejoint, les mains endolories. Un faux pas l'a précipitée sur des buissons épineux.
Enfin, après de nombreuses hésitations, demi-tour, lecture et relecture du topo, nous retrouvons le bon chemin. La suite s'avérera nettement plus facile puisqu'une bonne partie se fera sur la route bétonnée et sur le tronçon reconnu la veille.
A Chora, nous retrouvons le couple de français, à la terrasse de Lou Stratos et partageons un pot. Nous dînons ensemble, mais sans retrouver la même empathie qu'avec nos savoyards.

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                               Pigeonnier Ile de Sifnos

Retour sur le continent. Quatre heures de croisière, puis un quart d'heure de métro et de marche à pied pour arriver à l'hôtel.
Sous une pluie diluvienne, nous terminons notre séjour par la visite de l'incontournable musée national et le site de l'Acropole. Nous parcourons les pittoresques marchés couverts aux poissons et à la viande. Et dénichons, pour notre dernière soirée, une petite mézzeria dans les rues adjacentes, dont le nom et l'adresse doivent rester confidentiels: Ouzeria Menaepon. Seulement fréquentée par les Athéniens, il serait dommage de n'y côtoyer que des "routards".

A bon entendeur. Salut !