Dimanche 10 février 2013

Réveil matinal pour un décollage immédiat de l’aéroport Nantes Atlantique.
Une heure cinquante plus tard, les roues du Boeing de la compagnie Transavia touchent la piste de l’aéroport Marco Polo.
Après plusieurs tentatives infructueuses auprès de billetteries automatiques indisponibles, incompréhensibles ou invalidant nos opérations, nous obtenons nos titres de transport pour la ligne 15 des bus ACTV vers la Piazzale Roma.
A dix heures du matin, nous traversons le pont dellà Costituzione qui nous fait entrer dans la Sérénissime. Après quelques errements, nous progressons dans le sestierce du Cannaregio, en direction de Alla Vite Dorada , où nous pourrons nous décharger de notre sac de voyage.
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Gondole, Gondola !!!                                                                            Embouteillage

Nous redécouvrons, pour la troisième fois, la féerie de Venise. Notre hôtel est situé dans une impasse, au bord d’un canal. Nous sommes chaleureusement accueillis, en français, et nous pouvons disposer, de suite, de notre logement. Notre chambre est vaste, meublée d’un lit à baldaquin. De larges portes fenêtres donnent directement sur un canal latéral où passent quelques barges de service et des motoscafi.

Nous quittons rapidement notre hébergement pour profiter au plus vite de la frénésie carnavalesque qui palpite au cœur de la cité en cette période de l’année.
Malgré le froid, la foule est au rendez-vous, tant dans les rues principales que sur la place Saint Marc. Les aficionados ont revêtu leurs plus beaux atours, afin de faire vibrer les objectifs des appareils numériques de tous formats.
Du costume XVIIIème aux dentelles finement découpées et à la soierie délicate, au simple loup qui masque un visage ; chacun veut, à sa manière, participer à l’ambiance festive du carnaval. 

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Nous quittons le centre historique de Venise pour passer de l’autre côté du grand canal par le pont de l’Accadémia. Nos pas nous dirigent, dans le quartier du Dorsoduro, vers la fondamente Zattere comme des abeilles vers leur butin. Cette large promenade ensoleillée est propice à la flânerie, tandis que les vaporetti, les ferries, les barges, les motoscrafs et les embarcations de toute sorte tracent leur sillage dans le canal de la Giudecca.
Nous contournons la pointe della Dogana, où la statue de l’enfant à la grenouille, surveillée par deux gardes civils, tente de résister aux agressions hypothétiques de grapheurs irrespectueux de l’art contemporain.
Le musée Guggenheim est notre première incursion dans le monde de l’art, si présent dans la cité.
Nous découvrons nos premières peintures abstraites ou surréalistes du début du 20éme siècle, dans un palais situé au bord du grand canal.
Nous rejoignons notre logis, afin de prendre un peu de repos, car la découverte de Venise, pèse lourdement dans les jambes, car avides de découvrir tant de beautés, nous ne comptons par les kilomètres qui nous entraînent dans les petites ruelles, nous obligent à rebrousser chemin dans les impasses, à errer sur les campo, à franchir moultes ponts qui enjambent les canaux. Nous profitons du calme de l’hôtel, excentré des rues commerçantes et des hauts lieux touristiques.
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                      De campo en pont

La nuit tombée, et quelques bonnes adresses en poche, nous parcourons le Cannaregio afin de remplir deux estomacs affamés. Mais les bonnes adresses sont, soit trop prisées, soit fermées, néanmoins, à force d’obstination, dans une ruelle faiblement éclairée, nous dégottons une trattoria fort sympathique.

Lundi 11 février 2013

Au réveil, en écartant les rideaux, je contemple la quiétude de l’eau qui clapote au pied de l’hôtel tandis que, ô surprise, de légers flocons de neige virevoltent au dessus du canal.
Après un succulent petit déjeuner, la gérante nous prévient de l’annonce d’une acqua alta pour la nuit prochaine et nous incite fortement à regagner l’hôtel avant dix heures du soir afin d’éviter de patauger dans les rues de Venise. Notre programme de la journée est sensiblement modifié. Néanmoins nous maintenons notre excursion à Vérone mais en revenant par le train de 19h18.
Plus le train régional s’éloigne de la lagune, plus la neige s’épaissit. Par contre, à l’arrivée à Vérone, la bruine est au rendez-vous. Le froid et l’humidité ambiante nous poussent à une visite effrénée des lieux emblématiques de la cité de Roméo et Juliette. Après les arènes et la splendeur de l’église Sainte Anastasia, nous découvrons le Duomo, puis  nous grimpons au sommet du campanile où un furieux zéphyr n’invite pas à rester contemplatif des toits de tuile rouge de la cité et de la campagne véronèse.
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Plafond richement décoré de l'église Sainte Anastasia                            Choeur en arc du Duomo

A l’approche de la Saint Valentin, nous ne pouvions pas faire l’impasse d’une visite de la maison de Juliette. Les symboles sont omniprésents : le célèbre balcon, les graffitis des amoureux du monde entier qui laissent leur empreinte coronarienne gravée sous le porche de la cour.
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Pour clôturer cette journée menée tambour battant, à la nuit tombée, nous pénétrons dans le castelvecchio. La visite du musée, plus riche qu’on ne le pensait, se termine au pas de course car notre crainte de louper notre train et de subir l’acqua alta nous fait presser le pas. Pour rien, car dans le hall, un retard de 35 mn est annoncé. A l’arrivée de la rame nous nous installons dans un wagon essentiellement occupé par des italiens. La campagne de Vénétie est couverte d’un épais manteau neigeux, et les flocons font leur réapparition. En gare de Vincenza, le train stoppe. Une attente prolongée commence. L’heure défile, et nous imaginons l’eau de la lagune à fleur des quais.
Les informations sont laconiques, et notre compréhension de la langue de Verdi laisse à désirer.
Nous roulons de nouveau, mais pour combien de temps ? Car, en gare de Padoue, nouvel arrêt interminable. Nous nous résignons car même les bottes ne suffiraient plus pour arriver à Alla Vite Dorada.
Nous débarquons, tels des naufragés, à une heure du matin, à la gare de Venise. Le parvis est couvert d’une couche de neige gorgée d’eau. Une centaine de mètres plus loin, la chaussée est recouverte d’eau de mer. Nous retournons dans le hall de la gare dans l’attente de la décrue. La police nous indique une salle chauffée où s’est réfugiée la plupart des victimes des éléments naturels.
Couché à même le sol, assis contre les piliers, chacun cherche à combattre son ennui.

A trois heures du matin, nous décidons de tenter l’aventure. Selon les dires d’une vénitienne rencontrée aux abords du pont Scalzi, deux points délicats restent à franchir avant de circuler sereinement dans le Cannaregio. Nous n’hésitons pas à passer ces obstacles en barbotant dans dix centimètres d’eau. Les rues sont désertes, uniquement parsemées d’épaves de parapluie, de planches, de détritus. Seuls les endroits, qui n’ont pas subi l’acqua alta sont recouverts de neige. Avec soulagement, nous pénétrons dans l’hôtel et nous profitons du reste de la nuit pour récupérer de la fatigue et du stress.

Mardi 12 février 2013

Cette troisième journée sera marquée par un changement d’hôtellerie. Après un petit-déjeuner réparateur, nous quittons le quartier du Cannaregio pour le quartier de San Polo, au bord du grand canal. La matinée est consacrée à l’exposition temporaire sur Francesco GUARDI au musée Correr.
Ce peintre vénitien du XVIIIème a su reproduire les paysages urbains de Venise avec minutie et pittoresque. Une exposition remarquable par le nombre et la qualité des tableaux exposés.
En longeant la promenade du palais ducal, le froid nous incite à rentrer dans un estaminet pour déjeuner.
Puis nous rejoignons notre palazetto Ca' Angeli , situé rue du Traghetto della Madoneta, implanté dans un quartier animé, proche du pont du Rialto et du marché aux poissons. L’accueil, en français, y est soigné. A peine arrivés, nous obtenons tous les renseignements et plus concernant notre trajet de retour pour l’aéroport.

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Reposés, nous reprenons notre flânerie à travers la cité vénitienne. Nous errons dans le Dorsoduro, avant de retrouver notre large promenade préférée, face à l’île de la Giudecca. Le soleil de février donne des teintes douces et pastel aux façades des demeures où se reflète le miroitement des canaux.
Notre en-cas dans le train nous reste en travers de l’estomac. Ce soir, nous allons rattraper le coup, en dînant à l’ostéria Al Garanghelo . Petits poulpes, rissotto aux langoustines nous font saliver les papilles.

Mercredi 13 février 2013

Dans la salle à manger, une seule table est disponible. Et quelle table ! aux premières loges, près des baies vitrées avec une vue imprenable sur le grand canal. Quant au petit déjeuner, la profusion, la diversité et la qualité des produits nous laissent désemparés. Que choisir pour ne pas passer à côté d’une gourmandise mémorable !
Du pont du Rialto, après quelques bévues linguistiques et une remontée de bretelles au guichet des vaporetto, nous obtenons nos billets pour emprunter la ligne 2 et débarquer sur l’île de la Guidecca. Le premier arrêt, en venant du port de commerce, nous introduit dans les quartiers résidentiels contemporains.
Puis la massive stature de briques de l’ancien moulin à farine, reconverti en hôtel de luxe, dénote la reconversion de l’île vers un tourisme du plus huppé. La promenade, au Nord, procure une vue imprenable sur les Zatterre, le campanile et le palais des doges.
Nous cherchons, en vain, un banc pour avaler un frugal pique-nique. Une margelle de puits, sur la place principale fera l’affaire. En repartant, nous n’avons pas fait 50 mètres, qu’une dizaine de bancs, répartis dans de petits squares, semblent ironiser sur notre malchance.
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Ancien moulin à farine pour Hilton                                                          Entre deux îlots à Guidecca

Nous quittons la Guidecca par la ligne qui contourne Venise afin de profiter d’une vision globale des côtes sud et est. Une fois la pointe Sant’Elena virée, la navigation ne procure pas d’émotion particulière. Nous décidons de descendre à Fondamenta Nuove et de traverser à pied le Dorsoduro, rejoindre le pont du Rialto, longer le grand canal et retrouver notre palazetto pour une pause bien méritée.
Une deuxième rencontre avec l’art contemporain se profile. Nous optons pour une visite du palais Grassi afin de découvrir la collection particulière du sponsor du Stade Rennais, à savoir Monsieur François Pinault. Malheureusement, il est fermé pour plusieurs semaines. Pour autant, nous n’abandonnons pas notre projet et nous décidons de tenter la visite de l’extension du musée, abritée à la pointe della Dogana, dans l’ancienne Douane de mer. Elle  présente une exposition intitulée « l’éloge du doute » qui propose un parcours thématique sur la force et la fragilité de l’être humain et de sa condition. Les œuvres monumentales sont remarquablement mises en valeur dans une architecture dépouillée.
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Cette découverte de l’art contemporain ne nous laisse pas indifférents et nous procure une sensation positive dans notre ignorance.Une petite trattoria, près du marché, nous accueille. Entre un groupe de jeunes filles asiatiques et un couple de quinquagénaires italiens, nous dégustons quelques spécialités de pâtes italiennes et l’inévitable tiramisu.

Jeudi 14 février 2013

Dernière matinée à Venise, dernières photos sous un soleil radieux. Nous en profitons pour découvrir le quartier de San Croce, puis en revenant vers l’hôtel récupérer notre bagage, nous flânons entre les étals garnis du marché. Nous rêvons d’une location où nous pourrions préparer quelques plats à base de poulpes, de seiches, de petits poissons frits. Dans quelques années, nous pourrions envisager une telle solution qui nous rendrait plus autonomes. Et pourquoi pas au mois de mai ? 
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Au petit déjeuner : le grand canal                                                          Perdus dans la Sérénissime

Nous regagnons la piazzale Roma. Le bus, ligne 5, nous dépose en moins d’une demi-heure en face du terminal de l’aéroport.

A presto, Venezia.

Compléments photos : Galerie photos/Europe/Venise 2013