Fuyons la grisaille ambiante. Notre capital soleil et chaleur est en récession depuis de long mois. Notre humeur vagabonde nous attire vers une contrée bien ensoleillée. Alors, après des déboires de réservation dans le massif alpin, nous optons pour Majorque où se côtoient mer et montagne.

De Nantes, nous nous envolons pour Palma. Dès notre arrivée sur le tarmac, hormis les relents de kérosène, nous ressentons l’agréable chaleur des îles méditerranéennes.

Nous consacrons notre première soirée à la découverte de la ville après avoir déposé les bagages à l’hôtel Abelay qui offre un rapport qualité prix très raisonnable. Cet hôtel semble accueillir de nombreuses personnes en consultation externe à l’hôpital situé à proximité.

Notre bus à destination du village de Banyabulfar est programmé en milieu d’après-midi. Nous profitons de ce temps libre pour visiter la vieille ville de Palma. Nous parcourons ses petites ruelles pittoresques qui mènent vers le front de mer et la cathédrale. Son jardin public nous offre calme et ombrage pour pique-niquer.
L’imprégnation linguistique et touristique commence à s’installer dans nos cerveaux francophiles.
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Ruelle de la vieille ville de Palma                                                                 Patio d'une demeure Ville de Palma

La valise enfournée dans la soute à bagages, le bus nous emmène vers la Sierra tramontana, dans un secteur que nous n’avions pas parcouru lors de notre premier séjour sur l’île. Contrairement à la fois précédente, nous délaissons le séjour itinérant pour rayonner à partir du village de Banyalbufar et de la station balnéaire de Puerto Soller.

Pour des touristes bretons bredouillant péniblement la langue de Cervantès, comment pouvions-nous deviner qu’il existait deux arrêts de bus, un à l’entrée du village, l’autre devant la mairie. Il nous a fallu traîner la valise sur plus d’un kilomètre pour rejoindre notre petit hôtel de charme. Le gérant, au parler francophone remarquable, nous accueille avec beaucoup de gentillesse. Notre chambre, très cosy, offre une vue magnifique sur la grande bleue.
Nous ne résistons pas bien longtemps à l’envie d’aller piquer une tête dans une eau annoncée à 23°c.
La plage, située en contrebas, n’a pas vocation à concurrencer celle de La Baule. Nous posons notre serviette entre béton, galets et amas de débris végétaux. Mais nous goûtons le bonheur de brasser une eau limpide et rafraîchissante.

Lundi 1er juillet 2013

Pour cette première rando, nous allons de Banyalbufar à Esporlès par le GR221 en aller et retour. C’est l’étape 3 de la route de pierre sèche.
Avant de commencer à grimper dans la montagne, nous nous installons sur la terrasse, face à la mer, prendre notre petit déjeuner. Ô divine surprise, c’est un amoncellement de denrées succulentes qui s’accumulent sur notre table, assiette de charcuterie et de fromage, bol de fruits frais, jus de fruits pressé, brioches et gâteaux, pain et confiture maison.
Le pique-nique prévu pour ce midi serait-il nécessaire ?
Le sentier grimpe sur une petite route goudronnée parmi des terrasses cultivées et fort bien entretenues. Les agrumes et les olives sont les principales espèces plantées pour résister au fort ensoleillement. Les oranges et les citrons pixelisent le paysage de points orange et jaune. Les dernières terrasses dépassées, le chemin s’enfonce dans une forêt de chênes verts, anciennement exploités par les carboneros pour fabriquer du charbon de bois. La frondaison des arbres couvre le sentier permettant de randonner à l’ombre, et d’éviter une forte déshydratation.
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Partis d’une altitude de 107mètres, nous progressons pour franchir le col des Pi à 502 mètres. Dans la descente vers Esporlès, nous croisons une équipe de terrassiers en train de remettre en état les murs de soutènement, le sol empierré et les portillons. Ils déblaient, décaissent, déploient énormément d’énergie pour refaire à l’identique les murs de pierre sèche et l’empierrement du chemin. La configuration des lieux ne permet d’employer que deux brouettes motorisées à chenilles, des pelles et des pioches.
Nous retrouvons, en approchant d’Esporlès, les terrasses cultivées. La ville est encore enrubannée des fêtes dominicales. Les rues sont tendues de guirlandes de papier multicolore qui s’agitent et bruissent sous l’action du vent.
Aucune indication autre que celle du GR221 ne permet de trouver une voie de contournement pour revenir vers Banyalbufar. Nous reprenons donc le même chemin en sens inverse avec une vision un peu différente, notamment avec en point de mire la mer, dans la descente, et l’irrésistible envie d’aller piquer une tête.
Quel bonheur de pouvoir se détendre dans une onde aussi claire et de s’accorder un moment de farniente.
Nous rentrons à l’hôtel pour dîner. La cuisine est savoureuse, à la hauteur du petit déjeuner. Une excellente adresse pour profiter du calme d’un petit village côtier.
Esporles
Carte Openstreet et Editor géolives

Mardi 2 juillet

Nous laissons nos bagages à l’hôtel, le temps d’une randonnée côtière vers le petit port des Canonge. Nous remontons la route vers Esporlès pendant deux bons kilomètres avant d’apercevoir le panneau d’affichage du chemin de randonnée. Il surplombe la mer. Les arbres nous apportent l’ombre et la fraîcheur. Au travers de la ramure des pins, l’eau, d’un bleu turquoise, laisse apparaître les fonds marins. L’envie d’une brasse coulée se fait pressante. La plage, couverte de débris végétaux, est bordée de garages à bateaux. Des rondins de bois permettent de faire glisser les embarcations jusqu’à la mer. De dauphin, nous nous transformons en lézard, l’évolution de l’homo plagiens en passant du milieu aquatique vers le milieu terrestre.
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Chemin en balcon vers Port Canonge                                                            Plage et port d'Es Canonge

D’après les panneaux d’information, un chemin mènerait à Esporlès. Nous optons pour cette solution en pensant recouper le GR223 pour redescendre vers Banyalbufar. Les premiers kilomètres traversent des quartiers résidentiels, puis le chemin s’enfonçe dans un sous-bois. Le sentier semble peu fréquenté. Surtout nous avons sous-estimé sa longueur. D’après le GPS, nous nous écartons du GR.
Une certitude, le bus nous ramènera d’Esporlès à Banyalbufar. Là, nous récupérons nos bagages pour retourner à Palma et sauter dans la correspondance pour Puerto Soller.
Nous débarquons, dans un repère de français, à l’hôtel MARBELL tout au bout de la promenade.
Notre balcon offre une vue imprenable sur la baie de Puerto Soller, le port, la plage, les transats et les parasols et en soirée la musique d’ambiance. Un air de vacances.
Portescanonge
Carte Openstreet et Editor géolives

Mercredi 3 juillet

Plein soleil sur notre balcon. Quel réveil ! Devant nous, les voiliers se balancent au milieu de la baie de Puerto Soller entourée de la Sierra tramontana.
Nous préparons une rando en direction du village de Fornalutz.
L’office du tourisme offre une carte synthétique des randonnées pour rayonner autour de Soller.
Nous optons pour l’itinéraire n°5.

Cependant le balisage laisse parfois à désirer. La randonnée débute sur une petite route, au travers des exploitations d’agrumes. Les orangers et les citronniers encore gorgés de fruits sont bien protégés des mains baladeuses. Pas une branche ne dépasse des clôtures et ne déborde sur la route. Quelle frustration !
Emportés par notre élan, nous fonçons tête baissée jusqu’à nous retrouver nez à nez avec une route à grande circulation. Après quelques tergiversations, nous décidons de faire demi-tour en nous aidant de la carte et du GPS. Au bout d’une demi-heure, une immense flèche verte, peinte sur un mur indique le bon chemin. Nous délaissons la route pour un chemin de pierre, tout en escalier, qui nous fait grimper dans la montagne. La vue sur Puerto Soller est magnifique. Nous marchons au milieu d’anciennes fermes abandonnées, où les oliviers au tronc fantasmagorique envahissent la contrée.
Le village de Fornalutz aux ruelles pavées, bordées de plantes en pots, est admirable. Nous prenons plaisir à parcourir les dédales de venelles peuplées de plantes en pots.
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La place principale, bordée de cafés, ombragée par de vieux arbres entourant la fontaine, accueille les randonneurs, les cyclistes et les touristes pour une brève pause avant de reprendre leur pérégrination.
Sur les petites routes ous dirigeant vers Soller, la végétation est luxuriante. Les lauriers roses, les bougainvilliers sont en pleine floraison. Ils s’épanchent, ils envahissent, ils colorent, ils cristallisent le paysage.
Nous retrouvons notre gelateria favorite. Avec un air de gourmandise non dissimulé, nous dégustons nos glaces tandis que le petit train en bois nous passe sous le nez, bondé de vacanciers à la mine réjouie.
Le bus nous ramène à Puerto Soller pour profiter d’une fin de soirée sur le sable fin et de deux ou trois coulées délassantes.
Pour clôturer cette journée, nous dégottons un bar à tapas fort sympathique.
Fornalutz
Carte Openstreet et Editor géolives

Jeudi 4 juillet

Pour la matinée, nous enchaînons les circuits n°2 et n°9. De l’hôtel, nous grimpons vers le phare de la Muleta où commence le GR 221. Les chemins d’exploitation longent les vastes parcelles plantées d’oliviers. Le chemin de pierre sèche est omniprésent. Le dénivelé est peu important. Nous grimpons progressivement jusqu’à la capella del Castello avant de récupérer le n°9 en direction de Soller. Nous alternons monts et vallées. Dans la rue commercante de Soller, nous commandons deux sandwichs dans une petite supérette. Les autres clients attendent tandis que la gérante prend le temps de composer nos casse-croûtes que nous dégustons sur la place principale.
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Phare du port militaire de Soller                                                                       Exploitation d'agrumes

Pour le retour vers Puerto Soller, le circuit n°4 nous semble le plus approprié.
A la sortie du faubourg de Soller, nous hésitons sur les indications fournies par les panneaux indicateurs car le bon chemin, en passant devant des habitations, laissait croire à l’entrée d’une cour privée. Mais à force d’allées et venues, et sur l’indication d’une riveraine, nous nous sommes engagés sur l’hypothétique accès et nous avons retrouvé le balisage local. Ce circuit domine le port de Soller et le panorama sur la baie est splendide.
Ce soir, au menu paella malgré notre désillusion du premier soir à Banyalbufar. Décidément, la paella n’est pas vraiment une spécialité majorquine. Nous regrettons notre resto à tapas.
Soller
Carte Openstreet et Editor géolives

Vendredi 5 juillet

Embarquement sur le port de Soller pour une virée maritime vers Sa Calobra et un retour à pied le long de la côte.
Le bateau longe les hautes falaises de la Sierra tramontana. Quelques échancrures laissent deviner des petites plages où viennent mouiller voiliers et yachts.
Après trois quarts d’heure de navigation, l’étrave pointe vers la jetée de Sa Calobra, haut lieu touristique. Malgré une route très scabreuse, un flot de touristes arrive par bus ou par auto et converge vers la seule rue du site où s’aligne une myriade de restaurants et de magasins de souvenirs, puis tout le monde converge par de petits tunnels piétonniers, éclairés par des néons encastrés dans le sol, vers la petite crique et l’entrée du torrent de Pareis. Là, les serviettes de plage se chevauchent, se frôlent, s’étalent pour être au bord de l’eau. Nous piquons une tête, puis nous reprenons nos affaires pour fuir cet endroit surchauffé et surpeuplé, malgré la beauté naturelle des gorges.
Mais, de Sa Calobra, point de sentier n°6 pour rejoindre Puerto Soller. Il ya eu confusion entre Sa Calobra et Sa Costera. Des policiers nous indiquent la seule possibilité de rejoindre Cala Trent et de récupérer ainsi le sentier côtier. Il faut se résigner à entreprendre par la route une partie du retour.
Dans la descente vers Cala Trent, la route tout en lacets n’en finit plus. Nous levons le pouce et aussitôt nous sommes pris en stop par un anglo-majorquin qui nous dépose à la plage.
Nous ne sommes pas mécontents d’avoir épargné à nos semelles cinq à six kilomètres d’asphalte.
Nous sommes subjugués par la beauté du site, quelques bateaux se balancent au mouillage, une dizaine d’estivants offrent leur corps aux méfaits des rayons ultra-violets, d’autres s’émerveillent de la pureté de l’eau.
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Nous n’hésitons pas à repiquer une tête dans un endroit aussi paradisiaque. De la plage, le sentier grimpe vers le haut des falaises. Puis à mi hauteur, il suit la côte. Le panorama, sur la côte rocheuse, est à couper le souffle. Regrettant le peu de sentiers longeant le bord de mer, je suis comblé. Après une heure de marche, le parcours s’infléchit vers l’intérieur des terres. Nous passons au col de Biniamar, puis redescendons vers l’exploitation agricole de Balitx d’Avall . Nous retrouvons les oliviers centenaires, les orangers. Des escaliers pavés nous aident à franchir le dénivelé vers Mirador de ses Barques, point culminant de la randonnée. Ensuite, nous descendons vers l’Horta, à grandes enjambées dans l’espoir d’attraper le bus pour Puerto Soller. Mais bien vite, nous prenons conscience de notre impuissance à rattraper le temps de la flânerie, de la contemplation, du plaisir.
Nous échafaudons un nouveau plan : pousser jusqu’à Soller, déguster une bonne glace, prendre le train en bois pour descendre à proximité de l’hôtel. Il est approuvé à l’unanimité.
Pour notre dernière soirée, nous retrouvons avec beaucoup de plaisir notre restaurant à tapas.
Sacalobra
Carte Openstreet et Editor géolives


Samedi 6 juillet

Le décollage est prévu en fin d’après-midi, nous profitons d’une belle matinée à la plage, entre bain et lecture.
Puis nous récupérons nos bagages, en profitant d’une douche mise à disposition pour les personnes qui ne disposent plus de leur chambre, mais reviennent d’une rando trempés de sueur ou poisseux d’une baignade avant de quitter définitivement leur lieu de vacances.
Nous enchaînons deux trajets de bus jusqu’à l’aéroport.
Grâce à l’obstination de ma compagne à chercher le soleil, nous avons passé un séjour merveilleux, dans une nature préservée, un accueil chaleureux et une aisance linguistique perfectible.