Mardi 2 septembre

Le boeing 737 de la compagnie Transavia nous dépose en douceur sur la piste d’atterrissage de l’aéroport de l’île de Malte. Les rayons d’un soleil radieux plongent à travers les hublots de l’appareil. Sur l’escalier de descente nous sommes assaillis par de fortes rafales de vent. Mon fils nous attend de pied ferme dans le hall d’arrivée. Nous récupérons le bus X1 qui nous dépose à quelques pas de son logement, à proximité de la station balnéaire de Sliema.

Au passage, nous découvrons une partie de l’île fortement urbanisée. Un flot incessant de véhicules, roulant à gauche, déboule de toutes parts. L’influence anglaise est omniprésente.
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                    Rue de la Valette

Mercredi 3 septembre

Pour cette première journée maltaise, nous avons décidé de commencer par la visite d’une des plus belles cités médiévales de l’île, à savoir MDINA. Mais pour les transports en commun, il faut avoir pris le temps de consulter les horaires. Un seul bus par heure, 15 kilomètres de trajet et trois quart d’heure de route. Il faut profiter de la nonchalance latine et observer à travers les vitres du bus la vie trépidante des faubourgs de La Valette. Pour le prix modique d’1,50 euro pour la journée, nous bénéficions d’un spectacle sans cesse renouvelé.

Le bus nous dépose au pied des remparts de Mdina. Nous franchissons la porte monumentale où stationnent de nombreuses calèches. Les rues étroites se prêtent bien au passage de ces voitures hippomobiles.

Nous visitons la cathédrale Saint Paul, reconstruite en 1703, après le tremblement de terre de 1693. Le sol est couvert de pierres tombales finement ouvragées. Le plafond est décoré de fresques et de peintures montrant la vie de Saint Paul. Les chapelles latérales sont ornées de bronze et de marbre.

Après avoir erré dans les ruelles de la cité, nous continuons vers Rabat, qui jouxte Mdina.
La plupart des habitations possède des bow-windows. Chacune peinte d’une couleur différente, les rues s’en trouvent agréablement égayées.
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Remparts de MDINA                                                                             Plafond de la Cathédrale Saint Paul

Nous goûtons à nos premiers sandwichs maltais sur la place de Rabat.

De retour à Msida, nous laissons notre guide fiévreux, conséquence des fortes chaleurs et d’une climatisation omniprésente, à l’appartement tandis que nous poursuivons notre découverte de Sliema par la promenade du bord de mer. D’un côté, de hauts immeubles, de l’autre une baie tranquille où sont mouillés de nombreux petits canots. Puis, les kiosques de ballades maritimes, installés en bord de quai, essaient de nous vendre leur excursion. A la pointe, les chantiers de construction sont en pleine euphorie. Le moindre mètre carré est exploité. En revenant sur nos pas, nous découvrons la vieille ville de Sliema, aux apparences plus traditionnelles et plus chaleureuses.

Jeudi 4 septembre

Pour cette unique journée de rando, nous allons nous débrouiller par nos propres moyens car le fiston va rester alité, afin de se rétablir.

Pour rejoindre les falaises de Dingli, nous attendons le bus 202. Après le passage des bus X1, X2, 203, à l’heure prévue, pas de 202. Une demi-heure plus tard, nous voyons arriver un bus, marqué 202 sur la vitre avant. Une fois installés, le bandeau défilant à l’intérieur du bus nous indique la ligne 203 qui s’arrête à Mdina. Il semble qu’une inversion des marquages extérieurs ait eu lieu entre le 203 et le 202. Heureusement, une correspondance est possible à l’arrêt de Mdina pour Dingli. Encore un peu d’attente en perspective.

Le voyage en bus demande beaucoup de patience, d’abnégation, de débrouillardise et d’inconfort.

Le chauffeur nous arrête à Bobyland, au pied des falaises de Dingli. Nous nous dirigeons vers le centre d’interprétation qui, étrangement, ressemble plus à un café-restaurant qu’à un office de tourisme. De ce lieu part le sentier balisé en rouge qui longe la côte jusqu’au petit port de Wwied iz Zurrieq.

Les premiers kilomètres empruntent le ruban bitumé qui, d’un côté longe les falaises, de l’autre côtoie une carrière de pierres. Autant dire que le ballet des semi-remorques et le passage des véhicules ne donnent pas une sensation de plénitude. Nous insistons en continuant sur la route, en ratant un balisage caché derrière des poubelles. Deux kilomètres plus loin, dans la fureur des camions bennes, des cribleuses, des engins de chantier, nous nous apercevons de notre erreur.

Nous finissons pour retrouver la borne rouge et quittons l’enfer de bruits et de poussières pour descendre vers les cultures en terrasse implantées en bord de côte.

La chapelle du Mt Carmel nous offre un espace d’ombre et de tranquillité pour savourer notre frugal pique-nique.
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Chapelle du Mont Carmel                                                                     Petit port de Wieqiz Zurrieq

Le chemin borde des parcelles de vigne où abondent figuiers et cactus de barbarie. Mais le bitume reprend rapidement ses droits. Pour 1/3 de chemin, 2/3 d’asphalte. Nous étions prévenus que Malte n’était pas une destination pour randonneurs. Nous le confirmons.

A l’arrivée à Wieq iz Zurrieq, une petite fringale latente se fait jour. La vue d’une enseigne Café-Bar-Restaurant a provoqué une montée salivaire indiscutable. Nous grimpons sur la terrasse et nous commandons des sandwichs et de la bière locale. L’accueil est sympathique, les préparations excellentes, à recommander.

Après cette collation, nous piquons une tête dans le petit port, au milieu des barques à touristes.

Nous reprenons le bus pour l’aéroport, puis une correspondance pour Msida.

Malte
Carte openstreet Sity trail - Trace Quechuaphone 5

Vendredi 5 septembre

Notre guide a retrouvé la forme. Nous délaissons l’autocar pour le bateau-bus qui relie Sliema à La Valette.

Nous abordons la capitale de Malte. Nous sommes étonnés par le nombre de ruelles en escaliers, par les statues dans l’angle des immeubles, et bien sûr par les vestiges de l’influence britannique (boîte aux lettres, cabine téléphonique). L’entrée principale de la ville fait peau neuve, des bâtiments modernes côtoient des vestiges romains. La cité a une réelle ambition d’être une ville d’art en mouvement. Nous visitons le centre d’art contemporain qui expose une œuvre sur le street art.

La Valette est une ville très agréable, riche d’un passé architectural. Nous en profitons pour visiter les sites incontournables : le palais des grands maîtres et la cathédrale Saint Jean.

Edifié au XVIème, le palais magistral est également la résidence de la présidente maltaise. Nous entrons dans l’apparat des grands maîtres de l’ordre de Malte. Des sols marbrés aux plafonds enluminés, aux peintures héraldiques, aux tapisseries des Gobelins et aux lustres, tout est dorure.

Nous poursuivons par l’armurerie qui renferme une collection impressionnante d’armes médiévales et d’armures somptueusement gravées.

Nous prolongeons notre découverte de la cité en pénétrant dans la co-cathédrale Saint Jean. Ce bâtiment doit sa richesse artistique au fait que durant 200 ans, il fût l’église conventuelle des chevaliers de l’ordre de Saint Jean. D’un style baroque flamboyant, l’intérieur contrairement au caractère austère des façades extérieures resplendit de dorures, d’œuvres d’art ostentatoires.

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Après ce long intermède culturel, nous reprenons la navette pour Sliema. Puis à l’appartement, nous nous plongeons sur google pour tomber d’accord sur un des restaurants de La Valette pour fêter l’anniversaire de mon fils.

Par le bus, nous retournons à La Valette, puis nous nous installons au Rubino.
Le cadre est très agréable, l’accueil est sympathique. Malheureusement, une des assiettes de gambas n’est pas très élogieuse, trop cuite ou pas assez. Nous le signalons, et aussitôt, un plat de poissons est proposé en remplacement. Puis, après mille excuses, un des desserts est offert. La satisfaction du client avant tout.

Samedi 6 septembre

La conduite à gauche, très peu pour moi. Je confie les clés du véhicule de location à mon fils pour qu’il nous transporte sur l’île de Gozo. Un peu d’hésitation sur l’itinéraire. Un petit écart par Mdina avant de rejoindre l’unique route qui conduit à l’embarcadère. Nous stoppons dans une des files d’embarquement avant d’aller au guichet chercher nos billets. Dans le hall de la gare maritime, une foule innombrable attend. Pas de préposé à la vente de billets. Nous interrogeons une employée au parler francophone parfait qui nous explique que nous devons rester dans le véhicule et attendre l’embarquement. Soulagement, avec la voiture coincée dans la file d’attente, nous ne pouvions plus faire marche arrière. Une demi-heure plus tard nous entrons dans le ventre du ferry. Une demi-heure plus tard nous débarquons gratuitement sur l’île de Gozo.

Première étape, la plus belle plage de l’île, Ir-Ramla, aux sables ocre rouge. Un peu de détente, de farniente après toutes ces émotions et une baignade bien méritée dans une eau turquoise.

Nous reprenons la route pour Marsafolm, soi-disant ancien village de pêcheurs. Les barques de pêche sont rares, remplacées par des canots de plaisance. Du centre du village, nous longeons la côte jusqu’à la baie de Xwejru, dans le but de voir les salines. Après la pause-déjeuner, nous poursuivons jusqu’aux petits bassins de décantation et d’évaporation, creusés dans la roche et alimentés en eau de mer. Le sel est vendu aux touristes de passage.
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Falaises de Gozo                                                                                 Vue générale de Gozo du haut des remparts de la Citadelle

Nous traversons l’île, en route pour la roche percée de Dwejra. Nous profitons du petit port relié à la mer par un tunnel creusé dans la falaise, pour se baigner et découvrir cette attraction pittoresque.

En retournant vers Vittoria, la capitale, notre chauffeur, pas aguerri par la conduite anglaise, coupe la route à un gros 4X4. Quelle frayeur ! Nous nous remettons de nos émotions par une courte pause à la basilique de Ta’Pinu. Les cloches sonnent l’heure de la messe, et nous voyons affluer tous les maltais des alentours. Notre tenue légère ne nous permet pas d’aller visiter l’intérieur de ce sanctuaire.

Nous terminons la visite de Gozo par une grimpette sur les remparts de la citadelle. Sa restauration, financée à 85% par l’union européenne est en cours.

Nous rentrons de nuit, par le ferry boat après avoir réglé l’aller et retour à une sorte de péage avant de pouvoir accéder à l’aire d’embarquement.

Dimanche 7 septembre

Le marché hebdomadaire aux poissons a lieu tous les dimanches dans le port de Marsaxlokk. Nous nous y rendons en voiture. Les quais du port sont couverts d’étals et de pare-soleils. La foule se faufile entre les deux rangées de vendeurs en tous genres : fruits et légumes, vêtements, broderie, poissons, souvenirs.

Après cette immersion dans l’ambiance mercantile, nous quittons le petit port aux bateaux bigarrés pour nous rendre à Saint Peter’s pools. Pas de sable, mais de vastes plaques de calcaire pour accueillir les serviettes de plage. L’eau est tiède, transparente et salée. Le masque et le tuba permettent de découvrir des bancs de petits poissons colorés qui viennent ondoyer au milieu des nageurs.

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Port de Marsaxlokk                                                                             Oeil d'osiris sur l'étrave d'un bateau maltais

La récré est finie. Nous retournons au port nous mettre les pieds sous la table. Après moultes hésitations, nous optons pour le restaurant « Le café de Paris ». Après une commande laborieuse de plats de poissons ; la serveuse revenant sans cesse nous indiquer une rupture de stock, nous patientons trois quart d’heure avant de relancer le personnel de service et de voir, enfin, arriver nos assiettes. Et là déception, poissons fades, légumes infects. Nous quittons la table, et après négociations, nous réussissons à supprmer un des plats de l’addition. Mais l’impression de s’être fait arnaquer nous reste sur l’estomac.

Nous nous dirigeons vers Sliema afin de rendre le véhicule. Quel délivrance pour le chauffeur de déposer les clefs sur le comptoir de l’agence de location, sans aucune égratignure, ni éraflure sur la carrosserie.

Lundi 8 septembre

Pour rejoindre les trois cités, nous avons une correspondance à la gare routière de La Valette.
Le bus pour Vittoriosa n’arrivant pas, nous grimpons dans celui qui nous déposera à Senglea. Nous entrons dans une presqu’île totalement décorée de guirlandes colorées, de drapeaux, de statues religieuses. C’est le jour de la fête de Notre Dame des Victoires, le jour de la fête nationale et pour Senglea, le jour de la fête des régates d’aviron. Elles perpétuent une tradition vieille de 190 ans et mettent en compétition sept clubs sur des bateaux traditionnels maltais.

Nous parcourons la presqu’île le long des remparts, côté port industriel. A la pointe, nous dominons tout le port de La Valette, de son entrée jusqu’aux marinas de Mdina et de Manoel Island. Nous redescendons vers la jetée du port de plaisance. Sur la place de l’église, les pétards éclatent dans le ciel azur pour fêter la fin de la cérémonie religieuse. Nous profitons de ce moment pour visiter l’église Notre Dame des Victoires.

Puis nous quittons ce lieu de ferveur religieuse car une autre messe est sur le point de commencer.

En longeant le port, une passerelle permet de rejoindre la cité de Vittoriosa. Un grand bâtiment en réfection renferme le musée maritime de Malte. Nous découvrons le passé tumultueux de l’île entre invasions barbaresques, domination française puis anglaise.

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Les yachts sont amarrés le long du quai, dont le fameux Falcon Maltese, clipper moderne de luxe de 88 mètres de long.

Nous errons dans les ruelles de Vittoriosa, à la rencontre des anciennes auberges des chevaliers.

Nous quittons les trois cités sur un bateau traditionnel maltais en direction de La Valette et passons à proximité de la zone des régates avant de mettre pied à terre. En ce jour férié, la plupart des commerces sont fermés. Le cœur de La Valette est désert. Seuls les touristes errent, s’attablent, photographient. Après un petit périple vers la pointe nord, une pause dans le lower Barraka garden implanté sur les remparts, nous rentrons à Mdina.

Pour cette dernière soirée maltaise, nous dînons tous les quatre, sur la promenade de Sliema, à la Trattoria Cardini.

Mardi 9 septembre

Nous bouclons les valises. Nous laissons mon fils et sa compagne pour quelques mois encore dans leur vie maltaise.
L’île de Malte ne nous aura pas laissé des souvenirs impérissables. Nous préférons les grands espaces où le regard se perd vers l’horizon. Ici l’urbanisation a galopé, et le bruit incessant de la circulation est assourdissant.

Pour la randonnée, il vaut mieux passer son chemin.
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