Département : Aveyron
Commune : Saint Chély d’Aubrac

Distance : 24km
Dénivelé : ± 414m

La veille au soir, nous sommes arrivés à la chambre d’hôtes du Lépadou bas sur la commune de Saint Chély d’Aubrac. Chantal nous installe dans la chambre Automne. Avec son mari, ces deux anciens cuisiniers font également table d’hôtes. Pour notre plus grand plaisir, ce soir, nous dégusterons saucisse-aligot en compagnie, notamment de deux marcheuses sur le chemin de Compostelle. Au petit déjeuner, nous savourons les confitures maison, le Kougloff de Michel (étant d’origine alsacienne) avant de prendre la route pour le village d’Aubrac, à une dizaine de kilomètres. Nous visitons l’église Notre Dame des Pauvres du XIIéme siècle, vestige d’un ancien monastère. La tour des Anglais, située à proximité, domine de sa hauteur, tout le village. Nous quittons Aubrac en empruntant la voie Podiensis qui relie le Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle. Nous remontons vers Nasbinals, à contresens des pèlerins. La voie est très empruntée et nous regrettons d’avoir à croiser et à saluer sans arrêt des groupes de Jacquets.
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La tour des Anglais et  l'église Notre Dame des Pauvres à Aubrac                       Le plateau de l'Aubrac vers Nasbinals

Nous découvrons le haut plateau de l’Aubrac. Des hectares de pâtures à perte de vue, entrecoupés de murets de pierre et de clôtures. L’élevage extensif prend, ici, tout son sens. Les vaches de type aubrac, à la robe couleur fauve, aux contours des yeux maquillés de blanc et de noir et aux cornes impressionnantes paissent sur d’immenses étendues. Nous arrivons à Nasbinals pour la foire aux bestiaux. Les transactions se sont déroulées de bonne heure et les bêtes sont restées alignées sur des lignes tendues pour satisfaire la curiosité des touristes. Nous quittons Nasbinals par le GR670 jusqu’à une route bitumée. Deux kilomètres d’asphalte avant que nous récupérions une draille. Nous la quittons un kilomètre plus loin pour emprunter l’ancienne voie romaine tracée sur la carte IGN. Cette voie, sans doute très usitée à une période reculée, semble s’être évaporée dans la nature. Nous devons marcher à l’estime, en passant par-dessus ou par-dessous des clôtures électrifiées souvent doublées de barbelés. Nous traversons les pâtures au milieu des troupeaux de vaches très placides.

Nous rejoignons le lac des Moines, en coupant à travers les estives, et en suivant les indications du GPS. Nous contournons le lac artificiel, dont le but est de capter l’eau du cours d’eau La Boralde pour l’alimentation en eau de Saint Chély d’Aubrac. Malgré l’interdiction, nous passons sur le barrage, puis nous terminons notre périple vers le village d’Aubrac en traversant de nombreuses tourbières, heureusement asséchées en cette fin d’été, car le franchissement des clôtures est toujours aussi acrobatique. Nous terminons sur la place du village, à savourer une bonne bière locale avant de regagner la chambre d’hôtes. Comme convenu la veille, nous aurons, à nouveau de l’aligot au dîner. Plus surprenant, nous aurons la même entrée : une salade de lentilles avec du saucisson et du jambon sec maison.
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Carte IGN Scan classique - Tracé Sitytrail sur Androïd

Département : Aveyron
Commune : Saint Chély d’Aubrac

Distance : 20km
Dénivelé : ± 660m

Nous partons du bourg de Saint Chély d’Aubrac pour remonter vers le village d’Aubrac dans le sens anti-horaire afin de revenir par le chemin de compostelle dans les pas des Jacquets. Sous une brume tenace, nous traversons le pont des pèlerins datant du moyen-âge et permettant de traverser la Boralde. Nous empruntons le GR6 qui grimpe tranquillement dans le bois de Roquebasse. Au village Les Enfrux, les lambeaux de brouillard s’étiolent peu à peu permettant de voir les vastes étendues herbeuses. Au dessus de nos têtes, deux majestueux milans royaux viennent tournoyer et observer ces deux individus qui vont emprunter l’ancienne voie romaine. Nous nous arrêtons un moment pour regarder leur vol planant. Les vaches aubrac ne semblent pas sensibles à la beauté de ces rapaces et paissent, levant juste la tête à notre passage. Le long de ce chemin, une boîte aux lettres attire notre intention. Il est écrit le patronyme et la profession d’un masseur-kinésithérapeute dont l’habitation, un ancien buron, se situe 300 mètres plus loin, au milieu de nulle part.

A l’orée de la forêt domaniale, la toponymie « ancienne voie romaine » prend tout son sens. Nous marchons sur un chemin empierré de quatre mètres de large. Les rayons du soleil s’infiltrent dans les ramures des hêtres. Au carrefour avec la route forestière, nous commettons l’erreur de poursuivre sur le GR6. Au bout de cinq cent mètres, nous nous apercevons de notre bévue et nous faisons demi-tour. A la croix de la Voysse, le chemin s’enfonce, à nouveau dans la forêt pour rejoindre un petit pont de bois au dessus du ruisseau du Pesquiet. Quelques pierres, au bord de l’onde, nous invitent à déballer nos provisions. Nous récupérons le GR6A qui nous amène au village d’Aubrac. Sur les recommandations de Michel, nous allons chez Germaine goûter la fameuse tarte à base de fouace. Une part pour deux est suffisante pour combler notre appétit.
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A la sortie du village, la signalisation de la coquille nous indique la route à prendre sur quelques kilomètres de bitume avant de descendre dans une draille en sous-bois. Le chemin se termine par une calade empierrée pour nous ramener dans le centre bourg de Saint Chély.

Au repas de ce soir, nos regards en disent long lorsque nos hôtes nous servent à nouveau une salade de lentilles en entrée. Un pâté vient rompre cette monotonie. Heureusement le plat et le dessert sont de nature à nous redonner plaisir à la dégustation. Ainsi des glaces maison aux quetches et à la gentiane nous sont servies sur une meringue au thé de l’aubrac. « Connu depuis l’Antiquité pour ses qualités digestives, diurétiques et sédatives, le « calament à grandes fleurs », plus communément appelé « thé d’Aubrac », est très présent sur les hauts plateaux basaltiques de l’Aubrac. Depuis longtemps, cette plante est consommée une fois séchée, en infusion. Son odeur aromatique finement mentholée et épicée lui confère un goût très spécifique en accord avec le lieu : puissant mais subtil, ancré tout en étant léger... Au parfum de Terre, ses fragrances n’en demeurent pas moins subtiles et aériennes. »
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Carte IGN Scan classique - Tracé Sitytrail sur Androïd