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Les sièges arrière sont rabattus pour pouvoir enfourner tout le matériel de camping dans notre véhicule à moteur. Nous partons façon nomadisme. Non pas dans les steppes mongoles, mais modestement vers les campings des bords de Loire, de Dordogne et du Lot. Nous prenons les routes buissonnières. Le GPS est réglé sur l’option « sans péage ». Le droit à la lenteur devrait être un privilège des vacances. Nous découvrons au fil du bitume les bourgs, les villages ou les bords de Loire. Le fleuve s’écoule nonchalamment autour de ses îles et de ses bancs de sable. A Amboise, la foule du repos hebdomadaire est présente. Nous sommes obligés de sortir de la ville pour trouver un endroit propice pour pique-niquer. Une coulée verte bordant un ruisseau nous offre ce havre de paix. Nous avons rendez-vous avec un personnage hors du commun, peintre, architecte, sculpteur, ingénieur, dans sa dernière demeure. Que de talents pour un seul homme ! Léonardo da Vinci a vécu quelques années au château du Clos Lucé, résidence de plaisance appartenant au roi de France François 1er. Nous visitons les appartements mais nous découvrons surtout les différents concepts sur l’art de voler, de bâtir, d’aménager les cours d’eau ou de fabriquer des armes de guerre. Dans le parc, certaines de ses œuvres ont été reproduites dans un but ludique et pédagogique.
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Château du Clos Lucé à Amboise                                                                    Parc du Clos Mucé et représentation de Léonard de Vinci

Nous reprenons la route pour installer notre campement au camping municipal de Chaumont sur Loire. Quoique rudimentaire, nous avons grandement amélioré notre confort par l’achat d’épais matelas mousse et d’une glacière électrique.

Au coucher du soleil, des bruits de brûleur montent de la rive opposée. Nous voyons s’élever au dessus de nos têtes de majestueuses montgolfières.

Lundi

Dès le lever du soleil, nous sommes réveillés par des bruits d’ailes et des roucoulements incessants au dessus de notre tête. En entendant les fientes s’écraser sur notre toile de tente, nous nous rendons à l’évidence que l’abri des arbres n’était pas la bonne solution. Il nous faut nettoyer toutes ces souillures volatiles rapidement.

A pied, nous rejoignons le domaine de Chaumont pour notre quatrième édition du festival international des jardins. Le thème retenu concerne  « le biomimétisme au jardin ». La nature doit nous inspirer pour vivre, construire, en harmonie avec elle. Cependant sur les 25 jardins du festival, certains nous interrogent sur leur adéquation avec le thème retenu. Nous parcourons la vallée des brumes où le designer végétal Alexis Tricoire a installé un univers poétique avec des brosses de récupération de tout poil.

Nous retournons au camping faire une pause bien méritée. Des places se sont libérées et nous en profitons pour déplacer notre tente sur un emplacement à découvert afin de ne pas revivre une nuit aussi agitée.
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Symbiose mycorhizienne  "Retour aux sources"          Château de Chaumont sur Loire                          Volcan de Nils-Udo

Nous consacrons l’après-midi aux œuvres d’art contemporain disséminées dans le château et les communs de la cour de la ferme. Nous découvrons les jardins pérennes des près du Goualoup. Des jardins dessinés par des paysagistes de renom qui mettent en lumière la beauté poétique des jardins du monde. Nous terminons harassés, les jambes fatiguées par un tour du jardin historique où sont dispersées des sculptures contemporaines, au milieu d’arbres centenaires.

Mardi

Toujours dans un esprit de lenteur et de découverte, nous prenons la route pour la Dordogne. Notre itinéraire traverse le parc régional de la Brenne. Des petites routes départementales dans une France rurale où les tracteurs et les touristes égarés sont à peu près les seuls à circuler. La Brenne, réputée pour ses 3300 étangs poissonneux et sa biodiversité, n’a pas su nous convaincre pour y envisager un séjour. Saint Benoît de Sault, un des plus beaux villages de France, nous retient pour la pause méridienne. Nous parcourons ses ruelles médiévales jusqu’à l’esplanade du prieuré bénédictin. Son église du XIVéme siècle était fermée pour cause de répétition musicale.
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Toiture du village dede Saint Benoît de Sault                                                    Prieuré bénédictin et jardins en terrasses

Nous terminons cette journée de transit au camping Le Garrit, au bord de la Dordogne. De nombreux emplacements sont libres car la rentrée scolaire approche. Au moment du repas, nous prenons conscience du bruit routier et ferroviaire qui perturbe la quiétude du lieu. Le choix de ce camping avait porté sur la proximité d’une baignade en rivière et des sites emblématiques du Périgord noir. Mais l’entourage d’une route à forte circulation traversant la Dordogne nous avait totalement échappé. Heureusement le camping s’avérera accueillant, propre et soucieux des impératifs environnementaux. On nous distribuera un petit composteur individuel et un panier pour le tri sélectif.

Mercredi

C’est un des jours de marché à Saint Cyprien. Nous flânons parmi les étals de produits régionaux. Le miel du pays a toujours été un des produits phares de nos pupilles gustatives vacancières. Un petit producteur nous propose son miel de châtaignier. Autre achat incontournable, le fromage qui est si particulier à chaque région de notre pays.

En toute sérénité, nous pouvons entamer notre visite du Périgord noir. Une randonnée intitulée « panorama au dessus de la Vézère » a retenu notre attention. Nous partons du village du Moustier. Le sentier, balisé en vert, longe les bords de la rivière. De nombreux fourgons, style baba cool, se sont implantés sur les rives. L’attrait de l’onde nous fait oublier notre itinéraire malgré les rappels insistants du GPS. Nous devions quitter la Vézère au niveau du camping et nous voilà obligés de faire demi-tour sur la route départementale. Le sentier grimpe sous couvert de chênes pubescents. Nous sommes ainsi à l’abri des fortes chaleurs. Nous arrivons à la côte de Jor pour admirer le panorama sur la vallée de La Vézère. La descente vers Saint Léon de Vézère se fait tranquillement en sous-bois. Le village est attrayant. Un château médiéval vient d’ouvrir ses portes au public. Sa tour carrée est imposante de puissance. Il fait bon flâner dans un dédale de ruelles étroites où la couleur de la pierre blonde et des toitures en lauzes donnent un cachet authentique à ce village.
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Panorama sur la vallée de la Vézère                          Château féodal de Saint Léon de Vézère                   Vue du pont du Moustier
Nous traversons le pont métallique qui enjambe la Vézère. La balade emprunte le GR 36 sur plusieurs kilomètres de petites routes asphaltées et de chemins en sous-bois. La lassitude et le manque d’intérêt nous fait entrevoir que le secteur touristique périgourdin n’a pas misé sur la randonnée pédestre, mais essentiellement sur l’attrait majeur de ses villages, de ses châteaux, de ses jardins, de ses grottes et de ses rivières. Nous allons donc nous adapter à cet environnement culturel et aquatique pour continuer à découvrir cette contrée. Nous terminons notre randonnée en longeant les falaises troglodytiques de la Roque Saint Christophe. Cette boucle ne sera pas inoubliable, pas franchement nulle, pas franchement grandiose. Nous descendons aux Eyzies réserver un canoë pour le lendemain. Ce soir, nous dînons à la Petite Tonnelle à Beynac de produits locaux pour un rapport qualité prix satisfaisant. Nous goûtons un Pécharmant, vin des coteaux de Bergerac, tout à fait remarquable.
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Jeudi

Nous sommes attendus à la base nautique des Eyzies. Nous récupérons le matériel pour notre descente en canoë de 19km entre Saint Léon sur Vézère et Les Eyzies. Avant de monter dans les bus, nous avons droit à un topo fort divertissant sur l’utilisation de la pagaie simple et double, de la place du cerveau et du moteur dans un canoë. Au cœur du village de Saint Léon sur Vézère, nous récupérons notre canoë jaune aux couleurs de l’ACVK. Nous commençons par une mise à pied pour franchir un petit déversoir. La descente s’effectue tranquillement. Quelques petits rapides viennent donner un peu de vitesse à notre embarcation. Ils nous propulsent entre les îlots ou les piles de pont. Nous nous arrêtons au ponton du camping Le Paradis pour une baignade et un pique-nique. Malgré de nombreux canots à rames présents sur la rivière, nous arrivons à naviguer à l’écart des groupes bruyants et irrespectueux. La rivière présente une physionomie assez encaissée où se succèdent falaises, villages troglodytes, pitons rocheux en alternance avec des rives boisées. Après cinq heures de navigation, nous arrivons en vue du point de débarquement. De retour à Saint Cyprien, nous terminons cette journée au Welcome bar autour d’une bonne et forte bière ambrée.
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Navigation tranquille sur la Vézère                                                                  Chapelle accolée à la falaise
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Vendredi

Jardin remarquable et cités médiévales ; telles sont les découvertes programmées pour la journée. Nous nous dirigeons vers le château de Marqueyssac. Construit sur un éperon rocheux, il offre un point de vue exceptionnel sur la vallée des cinq châteaux : le château de Fayrac, de Beynac, de Castelnaud, des Milandes et le sus-dit. Les jardins suspendus du domaine sont plantés de milliers de pieds de buis, taillés, façonnés quotidiennement pour offrir aux visiteurs une œuvre originale. Nous suivons la visite guidée afin de mieux comprendre l’origine d’une telle création consacrée exclusivement à ce végétal. Puis nous parcourons le parc en toute liberté par des allées sinueuses ponctuées de rocailles, de cabanes en pierres, de lieux de méditation jusqu’au belvédère. Point d’orgue du jardin, il offre une vue aérienne sur le village de La Roque-Gageac.
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Cent trente mètres plus bas, nous sommes au cœur du village de La Roque-Gageac. Dominé par des hautes falaises calcaires, les toitures en lauzes sont à la merci du moindre éboulement. Comme le rappelle une stèle, en 1957, quand un pan de falaise détruisit six maisons et tua trois habitants. Néanmoins, les habitations ont été reconstruites et le village présente un attrait touristique indéniable.

Nous avons rendez-vous ce soir au marché gourmand de Salignac avec la fille de Martine Sarah et sa petite famille. Entre-temps, nous visitons Sarlat La Canéda, capitale du Périgord noir. Cette cité médiévale offre aux visiteurs un secteur sauvegardé où l’architecture est mise en valeur d’une façon remarquable. Nous déambulons dans les petites rues adjacentes à l’artère commerçante pour admirer les façades aux fenêtres à meneaux.

Samedi

Pour cette dernière journée en Dordogne, nous poursuivons notre itinéraire touristique par le village de Beynac. Toutes les balises jaunes sont bonnes à suivre. Nous nous retrouvons rapidement en dehors de la petite cité. Nous rebroussons chemin, non sans avoir profité d’un point de vue sensationnel sur la vallée. Nous nous dirigeons vers la rue Tibal Lo Garel. La ruelle pentue nous amène vers la porte fortifiée Veuve. Nous nous arrêtons au pied du château. Sa construction massive en impose. Nous poursuivons vers le cimetière. Un petit chemin balisé attire notre curiosité. Il chemine à flanc de falaise vers l’est. Nous le suivons sur quelques centaines de mètres avant de revenir vers le château car il se dirige vers la route située en contrebas.

Nous délaissons la beauté des maisons de pierres et les toits de lauzes pour nous immerger dans un jardin d’eau à Carsac-Aillac. Nous entrons dans l’univers des plantes aquatiques où les fleurs de lotus disputent leur magnificence à celles des nymphéas. Le parcours agrémenté de passerelles, de ponts japonais, de labyrinthes nous plonge au cœur du végétal, de leur senteur, de leur couleur et de leur toucher. C’est un moment de félicité, de silence et d’admiration.
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De retour à Saint Cyprien, nous n’avons pas entièrement perdu la volonté de faire une petite virée pédestre. Le sentier de l’Ermite au départ de la place du marché nous offre l’occasion de découvrir l’origine et le développement de notre lieu de villégiature au travers de panneaux didactiques exposés le long d’une boucle de cinq kilomètres. De ruelles en ruelles, nous arrivons au pied de l’abbatiale. Puis nous sortons de la zone urbaine en empruntant un sentier de sous-bois. Il nous mène vers des grottes creusées dans des falaises calcaires où l’ermite Saint Cyprien aurait élu domicile. Au travers des arbres, nous distinguons les vestiges des anciens remparts du château des Fages. Il est implanté sur un plateau à vocation agricole. De nombreuses plantations de noyers s’étendent à perte de vue. Nous nous arrêtons à la ferme de Fage qui produit de l’huile de noix bio et des cerneaux salés ou caramélisés. Nous redescendons vers le bourg par une petite route goudronnée.
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Dimanche

Une belle condensation imprègne l’intérieur de l’abside de la tente. Avant de plier bagages, nous profitons du gros marché hebdomadaire de Saint Cyprien pour compléter notre garde-manger. Le soleil omniprésent a eu raison de l’humidité ambiante. Nous quittons la Dordogne en direction du Lot. Cahors sera notre ville étape avant notre installation à Saint Cirq Lapopie. Grâce à l’office du tourisme, nous découvrons de petits jardins secrets disséminés dans le centre historique : Le courtil des Moines composé de plessis de châtaigniers tressés, le jardin mauresque, l’hortus des Dames et bien d’autres encore. Par de petites routes caussenardes, nous arrivons au camping de la Truffière.

Nous installons notre tente sur une des terrasses au milieu des chênes truffiers. La saison estivale prend fin, pas une tente ni de caravane à moins de 50 mètres. Nous pouvons profiter du complexe aquatique en toute sérénité. Installés et bien détendus, nous allons explorer les environs et notamment, le sentier qui mène à Saint Cirq Lapopie. A la Chapelle Sainte Croix, nous dominons la vallée du Lot et le clocher du village. Nous rebroussons chemin afin d’arriver au camping à l’heure dite pour récupérer notre commande pour le dîner. Mais la consigne n’étant pas passée jusqu’aux cuisines, on nous offre un verre de blanc pour patienter à la terrasse.
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Le centre historique de Cahors                                                                       Le courtil des Moines derrière la Cathédrale de Cahors

Lundi

Nous quittons le camping en réempruntant le chemin repéré la veille. A la chapelle Sainte Croix, la sente entame la descente vers le village. Des croix en fer forgé marquent les différentes stations du chemin de Croix. Le sentier débouche en haut du village. Nous récupérons une voie aménagée le long de la route pour accéder aux parkings payants. Nous dépassons les aires de stationnement pour suivre une allée forestière en direction de Bouziès. Les chênes aux troncs couverts de mousses offrent un ombrage salutaire. Nous entrons dans le bourg de Bouziès implanté au bord du Lot. Un pont métallique large d’une seule voie permet de franchir le cours d’eau. Nous descendons sur l’ancien chemin de halage. Quelques œuvres artistiques monumentales ont été disposées entre les parkings et la curiosité du site. En effet, le chemin de halage a été creusé dans les falaises afin d’assurer la continuité de la remontée des péniches. Nous délaissons la visite de Saint Cirq Lapopie avec l’intention d’y revenir dans la soirée.
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De retour au camping, nous profitons de la piscine pour nous rafraîchir et nous délasser. En fin d’après-midi, nous descendons en voiture à Saint Cirq. Le flot des touristes est reparti laissant un village dépeuplé. Nous nous promenons en toute tranquillité dans les ruelles pavées. Saint Cirq Lapopie n’a pas usurpé la mention de plus beaux villages de France. Les bâtiments sont magnifiquement conservés ou restaurés. Il n’a pas succombé aux sirènes du mercantilisme aux façades souvent tapageuses.
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Mardi

Nous remontons la vallée du Célé pour prendre possession de nos kayaks au centre Nature et Loisirs de Sauliac sur Célé. La mise à l’eau s’effectue à Saint Sulpice. Nous sommes les seuls ou presque à naviguer sur cette rivière. Au bout d’une centaine de mètres, nous devons mettre pied à terre et tirer les embarcations sur des rondins de bois pour passer un petit déversoir. La rivière est sauvage, étroite et boisée. L’eau est si claire que nous voyons les petites truites s’écarter des pales de nos pagaies. Au deuxième déversoir, nous avons le choix entre un toboggan ou un passage à sec. Pour le fun, nous choisissons la première option. Le kayak prend de la vitesse et plonge dans le remous en se remplissant d’eau. Par la même occasion, la vague d’étrave nous asperge des pieds jusqu’à la tête. Martine, imprévoyante, se retrouve trempée et sans vêtement de rechange pour le retour. Heureusement le soleil et la bonne humeur sont de la partie. Au troisième déversoir, nous n’hésitons pas à renouveler l’expérience. Un remous traversier nous surprend et nous basculons hors du kayak. De l’eau à mi-hauteur, nous regagnons la rive afin de redresser le kayak et de repartir tranquillement.
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En kayak sur le Célé                                                                                      Le Célé, les falaises et ses rives boisées
De nombreux hérons s’envolent à notre approche. La nourriture est abondante pour ces volatiles. Les canards barbotent le long des rives. Des libellules viennent se poser sur le plat-bord. De petits rapides succèdent à de longues portions tranquilles. Nous devons observer les remous de la rivière afin d’éviter un échouage sur les bancs de graviers. En cette période de rentrée scolaire, nous apprécions la tranquillité de la rivière. Durant 3h30 de descente, nous ne croisons aucune autre embarcation.
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Ce soir nous profitons de la terrasse du restaurant du camping pour savourer notre dernière soirée de vacances.

Compléments photos : Dordogne 2021

 

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