Département du Finistère
Commune de Moëlan sur Mer

Dimanche 15 novembre 2009
Distance : 13km
Temps : 3 h 30


Par cette matinée grisonnante, du village de Kerduel, le bruit du ressac nous parvient aux oreilles. L'onde sonore nous attire à travers la campagne, vers le sentier côtier. La houle vient se briser sur les roches noires acérées, projetant des gerbes d'écume. La trace pédestre serpente au bord de la masse liquide qui vient sans cesse battre, user, désagréger, polir le trait de côte minéral. Des paquets d'écume s'accumulent, formes mousseuses, vibrantes, dans les zones protégées des rouleaux. Nous traversons cette émulsion éphémère qui émane de l'agitation dépressionnaire de l'océan. Puis les mouvements s'adoucissent, le bruit se fait plus reposant. Nous entrons dans la ria maritime, l'onde de la houle s'essouffle jusqu'à disparaître. Les bateaux au mouillage semblent ignorer le tumulte extérieur. A l'attache, ils semblent assoupis pour de longs mois d'hivernage. Le sentier sinue toujours au bord de l'eau, mais la lande ébouriffée a grandi, grandi. Les arbres, aux couleurs mordorées, nous couvrent de leurs ramures partiellement déplumées. Au port du Belon, les maisons se sont agglutinées les unes sur les autres pour s'abriter des furies, des déchaînements, des tempêtes, des coups de vent de suroît. Au pied de la chapelle de Lanriot, les bateaux en bois viennent reposer en paix. Leur squelette s'ouvre, libérant les membrures de leur carcan, pour disparaître englouti dans la vase. Les chemins creux maillent le paysage bocager de cette terre ostréicole. Les anciens vergers ne sont plus entretenus, les pommes jonchent un sol envahi de broussailles, les arbres, couverts de gui, s'affalent sous les coups de butoir du vent,  comme de vieux paysans sous le poids des ans. Les maisons de pierre tournent le dos à la mer, comme le cheval dans sa pâture, pour se protéger des embruns salés. Puis le bruit revient, incessant, assourdissant.

belon