Des reportages télé sur le Cami de Cavalls et sur la réserve intégrale de la Biosphère ont suffi pour attirer notre attention sur l’île de Minorque. Déjà conquis par sa grande sœur Majorque et suffisamment à l’aise dans la compréhension de la langue de Cervantès, nous étudions attentivement la possibilité d’aller découvrir à pied cette île des Baléares.
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Le mardi 17 juin, nous quittons, par les airs, la capitale bretonne pour Barcelone. Une courte escale qui nous permet de découvrir uniquement le hall marchand de l’aéroport avant d’embarquer pour Mahon. De l’aéroport à la gare routière, de la gare routière à la place de l’Esperanza à Ciudatella, le bus nous transporte et nous dépose à une centaine de mètres de l’hôtel GEMINI. Ce sera notre mode de déplacement privilégié pour atteindre nos points de randonnée. Notre hébergement, en plus d’être à proximité des terminaux d’autocars, est à deux pas de la vieille ville, du port et des commerces.

Mercredi 18 juin

Nous quittons l’hôtel en direction du port de Ciutadella pour parcourir les deux premiers tronçons du Cami de Cavalls (chemin des chevaux). Les premiers kilomètres s’étirent dans les faubourgs hyper-touristiques de Ciutadella : Cala Blanca et los Delphines. Au bout d’une heure à longer hôtels, restaurants, snacks, dancings, résidences, clubs, le contraste est saisissant. Devant nous, une zone désertique et rocailleuse.

Le sentier est balisé par des bornes en bois disposées au minimum tous les 50 mètres excepté en zone urbanisée. Il est donc impossible de se perdre sur ce GR qui contourne l’île dans sa globalité.

Des murets de pierres séparent l’ensemble des parcelles de l’île. Des portillons de bois, typiques aux Baléares, permettent de franchir ces délimitations rocheuses. La végétation est rase. Quelques buissons d’épineux et des plantes grasses poussent au milieu de ce sol peu fertile. Seuls quelques ovins trouvent à se nourrir. Des barracas entièrement construites en pierre servent d’abri aux moutons par forte pluie. Les falaises, hautes d’une cinquantaine de mètres, plongent dans la grande bleue.

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Côte rocheuse entre Ciutadella et Cala Morell                                                    Phare de Punta Nati

Nous bifurquons pour atteindre le phare de Punta Nati qui délimite la pointe Nord-ouest de l’île. La côte est inhospitalière. Nous devons atteindre Cala Morell avant de pouvoir enfiler le maillot de bain et profiter d’une eau cristalline.

Le bus nous ramène à Ciutadella.

Sur les conseils d’un certain guide de voyage, nous nous dirigeons vers le restaurant La Guittara.
Nous savourons le fait de pouvoir dîner, dans la rue, dans une ambiance calme et tranquille.
Les prestations seront goûteuses mais relativement onéreuses.
CalaMorell
Carte openstreet; Tracé Sitytrail World sur Quechuaphone 5

Jeudi 19 juin

Ce matin, la mise en route est laborieuse. Nous errons dans les ruelles de Ciutadella à la recherche d’une boulangerie fortement recommandée. En milieu de matinée, nous nous dirigeons vers la place des pins afin de prendre le bus (ligne 65) pour Son Xoriguer.

Le sentier longe la côte. Nous traversons quelques plages magnifiques : Son Saura, Cala Turqueta. Sur l’une d’elles, deux vedettes ont débarqué des classes de collégiens qui viennent passer une partie de la journée à s’oxygéner la tête. La végétation composée essentiellement de pins et de chênes verts permet de se protéger de l’ardeur d’un soleil généreux. Nous nous posons sur la plage suivante, où l’attrait de l’eau est irrésistible. Nudistes et textiles se côtoient et cohabitent sans gêne. L’eau est fraîche, mais si agréable après deux bonnes heures de marche sous une chaleur étouffante.

Le chemin grimpe. De véritables falaises nous séparent de l’onde marine. La côte accore permet aux voiliers de venir raser le trait de côte et de défiler sous nos yeux.

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Le programme initial est revu à la baisse. Nous nous arrêterons à Cala Galdana afin de profiter d’un nouveau bain de mer et de farnienter sur la plage de Macarella.

Des infrastructures en bois impressionnantes, notamment des escaliers, sont aménagées pour faciliter l’ascension. Nous traversons une pinède à quelques encablures du bord des falaises. Quelques diverticules permettent de s’en approcher et de profiter du panorama.

Le bus nous récupère à Cala Galdana, nous transfère à Ferreries, afin de récupérer la ligne 1 en direction de Ciutadella.
Sonxoriguer
Carte Openstreet ; Tracé Sitytrail World sur Quechuaphone 5

Vendredi 20 juin

Nous délaissons nos chaussures de rando pour une visite de la ville de Ciutadella. Ses petites rues commerçantes aux passages voûtés, entrecoupées de placettes où s’étalent les terrasses des bars à tapas, nous amènent vers la place de la cathédrale. La cathédrale Sainte-Marie est de style gothique catalan, bâtie au XIVe siècle sur ordre d'Alphonse III d'Aragon, suite à la conquête de l'île contre les musulmans en 1287. Elle a été construite sur une ancienne mosquée dont quelques vestiges sont encore visibles près du clocher. Nous poursuivons par le musée diocésain qui explique et dévoile l’histoire archéologique de Minorque.

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L’une des plages réputées de l’île se situe sur un tronçon du Cami de Cavalls que nous ne pourrons pas effectuer du fait de l’absence de bus pour le retour. Nous décidons d’aller uniquement à la plage et de profiter du sable et de la baignade. A cause des fêtes de la Saint-Jean, la station de bus de la place des pins a été déplacée à l’extérieur de la ville. Heureusement, nous avions pris assez d’avance pour ne pas rater les rares bus qui vont à Algaiarens. En effet, la destination est particulière. L’autocar emprunte une petite route cabossée, voire défoncée. L’étroitesse de la voie mobilise un agent qui régule le trafic en bloquant les voitures particulières pour permettre au bus d’atteindre son arrêt et son aire de retournement. Lorsqu’il repart, le même agent, en scooter, stoppe en amont les véhicules. Une efficacité redoutable. La plage, dans son écrin de verdure, est splendide. De nombreux voiliers sont au mouillage dans l’anse. C’est un bonheur inouï. Nous quittons cet endroit idyllique en montant dans le dernier bus. Un énorme taxi collectif pour seulement deux passagers. Nous !
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Ruelle et passage voûté à Ciutadella                                                                 Quartier des halles

Les fêtes débutent ce soir par une sorte de fête de la musique. Groupes de rock, danses folkloriques s’éparpillent dans les rues et les places de la ville. Nous nous installons au bar à tapas Ca Captan, non loin de la cathédrale. Devant la quantité de tapas commandées, le patron s’étonne et nous recommande de réduire nos prétentions. En effet, les plats sont copieux. Nous finissons sur une pomada (gin-limonade) offerte par le patron.

Samedi 21 juin

Nous enfilons nos chaussures de rando pour une nouvelle étape du Cami de Cavalls. Nous reprenons le bus pour Cala Galdana, point final de notre dernière marche. Nous traversons le pont qui enjambe le petit port de plaisance. Le chemin longe la plage, puis grimpe vers les quartiers résidentiels où les villas et les hôtels se sont approprié les vues panoramiques sur la Méditerranée. Nous quittons la station balnéaire pour nous enfoncer dans le maquis sylvestre. Nous traversons plusieurs gorges asséchées. Nous alternons l’ombre et le soleil, la forêt et les prairies. Les oiseaux gazouillent, les cigales stridulent, les vaches meuglent. Les sentiers sont peu fréquentés. Nous rejoignons la côte sur la plage de Binigaus. Le vent a levé des rouleaux déferlants. Nous nous éclatons dans cette eau remuante.

Nous entrons ensuite dans une partie de l’île où la pression touristique est importante. Néanmoins, nous sommes assez surpris par l’intégration des résidences de tourisme dans le paysage. De nombreuses plantations viennent masquer la présence du béton. Pour rejoindre San Bou, deux options sont possibles, en longeant la plage, les pieds dans l’eau, où en passant derrière les marais et à travers l’urbanisation. Nos pieds ont décidé pour nous, en foulant le sable mouillé.
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Plage de Binigaus                                                                                              Hacienda près de San Bou

Nous récupérons le bus pour Alaior, puis la fameuse ligne 1 pour Ciutadella.

A l’office du tourisme, nous apprenons que la fête de la Saint-Jean fait relâche ce soir. Il est vrai que les rues sont désertes et les terrasses dépeuplées. Nous allons prendre une bière et quelques tapas.
Pour combler un petit creux, nous nous mettons en recherche d’une bonne pizzeria. Dans le quartier de Santa Clara, un établissement semble convenir. Une seule table reste vacante. La commande rapidement passée, nous attendons résolument nos pizzas. Nous avons le temps d’observer la frénésie des serveuses, la patience des clients et l’attente des futurs attablés. Au bout de trois quarts d’heure et d’une relance verbale, nous savourons une délicieuse pizza.
SanBou
Carte Openstreet ; Tracé Stytrail World sur Quechuaphone 5

Dimanche 22 juin

Pendant le petit déjeuner, l’hôtelière nous apprend que l’agneau désigné pour les festivités de la Saint-Jean avait été fêté la veille au soir par la population, dans un quartier choisi pour l’occasion. Les riverains laissaient leur porte ouverte afin que tout le monde puisse manger et se désaltérer.

Ce matin, nous nous rendons face à la mairie, pour découvrir le porteur de l’agneau. En référence à Saint Jean-Baptiste, il porte l’agneau sur ses épaules durant toute la journée, parcourant pieds nus les différents quartiers de Ciutadella, s’arrêtant dans les maisons, quelques minutes, pour se restaurer.
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Le porteur de l'agneau                                                                                         Le toucher de l'agneau

Une foule compacte attend son passage dans toutes les rues de la ville, afin de pouvoir toucher l’agneau. Toute la population, jeune et moins jeune, semble être portée par la même ferveur. Nous quittons cette effervescence populaire pour récupérer nos bagages à l’hôtel.

En début d’après-midi, nous quittons la pointe ouest de Minorque pour nous recentrer sur la presqu’île de Fornells. Le dimanche, en raison de correspondances allégées, nous attendrons deux heures à Es Mercadal.

Le bus nous dépose à une centaine de mètres de l’hôtel La Palma sur le petit port de Fornells.

Lundi 23 juin

Afin de nous épargner trois quarts d’heure de bitume, nous prenons le transport en commun pour nous rendre à Cala Tirant. L’étape n° 5 part de cette plage. Nous alternons côtes sableuses et côtes rocheuses avec un peu de dénivelé. Après trois heures de marche, nous atteignons Cala Pregonda. Une calanque magnifique que les estivants espagnols n’hésitent pas à rejoindre après deux kilomètres de marche, en portant parasol, glacière et enfants. Malheureusement la présence de méduses nous empêchera de profiter d’une baignade bien méritée.

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L’absence de bus nous oblige à faire demi-tour afin d’éviter une étape longue et difficile. Néanmoins, nous bifurquons pour aller voir le phare de Cavalleria, l’un des six phares qui balisent l’île. Ce détour de 5.4 kilomètres commence à peser dans les jambes. Nous nous arrêtons à la plage de Cavalleria pour replonger dans une eau limpide et non urticante. Nous arrivons à 20h30 à l’hôtel, harassés.

Les fermetures tardives des supérettes permettent de remplir notre cabas et de nous offrir un bon petit repas, dégusté sur la terrasse de la chambre, avec vue sur le jardin et la piscine de l’hôtel.
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Carte Openstreet ; Tracé Sitytrail World sur Quechuaphone 5 et diverticule vers le phare de Cavalleria

Mardi 24 juin

Ce matin, nous lambinons. Nous avons prévu la visite d’Es Mercadal, une des bourgades de l’intérieur de l’île. Un écomusée retrace l’histoire de l’artisanat local à travers quelques reportages filmés : fabrication du fromage de Mahon, confection des sandales (avarques) typiques de l’île, façonnage des portillons en bois.

Après un repas bien espagnol, dans un café traditionnel, nous nous dirigeons vers le sanctuaire de la vierge d’El Toro, situé au sommet du point culminant (342m) de Minorque. Après 3 kilomètres de marche sous une chaleur torride, nous arrivons aux portes du monastère en sueur.
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Eglise d'Es Mercadal                                                                                   Monastère d'El Toro

Une brume de chaleur ne permet pas de profiter du panorama exceptionnel que pourrait procurer la situation centrale du Mont. Nous distinguons à peine la baie de Fornells.

Une fois redescendus, nous attendons dans l’abri bus en peaufinant notre compréhension de la langue ibérique avec un saisonnier espagnol venu se faire soigner les dents à la clinique dentaire.

Nous terminons cette journée au restaurant La Guapa, sur une note de gambas marinées et de poulpes grillées.

Mercredi 25 juin

Crème solaire, maillot de bain, lunettes de soleil, chapeau et eau minérale sont les accessoires indispensables pour une sortie kayak et snorkel dans la baie de Fornells. Nous sommes un groupe d’une quinzaine de personnes à prendre place dans les embarcations. A peine sortis de l’abri de la baie, la houle se fait sentir. Certaines personnes ne parviennent pas à faire face et doivent rebrousser chemin.

Dans une petite crique, nous enfilons masque et tuba, descendons des kayaks, et plongeons sur des fonds de 5 à 6 mètres pour admirer quelques bancs de poissons. La remontée dans les embarcations est nettement plus épique. Je dois m’y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à m’asseoir dedans en ayant redressé le kayak, récupéré quelques affaires et signalé à un des encadrants la perte de mon masque et de mon tuba. La transparence de l’eau lui permet aussitôt de les repérer et de les remonter.

Nous nous dirigeons vers las cuevas (grottes marines). Le vent et la houle ralentissent certains couples de pagayeurs. Néanmoins nous parvenons à rentrer dans l’une des grottes où un certain calme règne. Portés par les vagues, le retour sera rapide. Nous abordons sur une petite plage de sable fin. Les moniteurs font la tournée des valeureux pagayeurs en leur offrant un refresco (rafraîchissement) que nous dégustons dans l’eau turquoise.
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Embarcation de pêche                                                                                 Promenade de Fornell

La mer, ça creuse ; nous nous installons à la terrasse du bar-restaurant-hôtel LA PALMA pour commander le menu du jour.

En fin de soirée, nous assistons, au pied de la tour de Fornells, au coucher de soleil sur le phare de Cavalleria.

Jeudi 26 juin

La ligne 41 nous transporte à Arenal d’en Castell pour nous rapprocher du port d’Addaia. Un sentier nous conduit vers le petit port de Na Macaret. Nous poursuivons le long de la ria. Un pont en projet aurait pu nous épargner un large détour par la route pour rejoindre la presqu’île d’Addaia. Nous évitons le bitume en empruntant un chemin en sous-bois. Nous récupérons ensuite un magnifique sentier douanier qui borde la côte. Il débouche dans une calanque aménagée en marina. De grosses unités à moteur sont amarrées aux pontons ou stockées sur les terre-pleins. Nous quittons la presqu’île pour retrouver le cami de Cavalls qui traverse un no man’s land de lotissements où seules quelques maisons et une flopée de réverbères surgissent de la végétation. La crise a freiné les ardeurs des acheteurs et sans doute accentué la déprime des promoteurs.
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Bateau de pêche à Na Macaret                                                                        Baie d'Addaia

Nous quittons brièvement la zone urbanisée. Après avoir parcouru un court sentier en corniche au dessus de la mer, nous replongeons dans la station balnéaire de Son Saura.

Ensuite, un long, long chemin forestier nous ramène à la route principale entre Fornells et Mahon. Nous décidons, pour éviter cinq kilomètres d’asphalte, de faire du stop. Cinq voitures plus tard, nous sommes déposés au pied de l’hôtel.

Ce tronçon du chemin des chevaux n’est pas le plus intéressant de notre séjour.
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Carte Openstreet ; Tracé sitytrail World sur Quechuaphone 5

Vendredi 27 juin

Nous quittons la presqu’île de Fornells pour la capitale administrative de l’île : Mahon. Nous déposons nos bagages à l’hôtel La Isla, situé à une vingtaine de minutes de la gare routière, mais à proximité du centre historique. Nous quittons notre lieu d’hébergement en direction de San Estève, en traversant une zone d’immeubles et de bureaux avant de retrouver un sentier côtier.

Nous nous arrêtons dans la magnifique calanque d’Alcaufar. Des garages à bateaux surmontés des habitations de pêcheurs sont implantés sur la rive gauche du bras de mer. Après une pause entrecoupée de baignades prolongées, nous poursuivons notre périple jusqu’à Punta Prima, horrible station balnéaire.
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Calanque de San Estève                                                                              Embouchure de la calanque d'Alcaufar

Le bus de retour nous dépose à San Lluis, ville fondée par les français lors de l’occupation au XVIIIème siècle. En effet certaines plaques de rue portent des noms qui sonnent breton comme » le seigneur de Lannion ».

Nous dînons de tapas dans une petite gargote fort sympathique, où le serveur d’origine française, nous apprend que la crise a chassé de nombreux résidents anglais qui avaient investi sur l’île.

Nous revenons à Mahon par le bus de nuit.
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Carte Openstreet ; Tracé Sitytrail World sur Quechuaphone 5

Samedi 28 juin

La chaleur éprouvante nous incite à faire le plein de fruits pour le pique-nique du midi. Nous quittons Mahon pour Es Brau afin de visiter la réserve naturelle et revenir par le GR sur Mahon.

Malheureusement, sur les trois circuits de la réserve, seul celui proche d’Es Brau est accessible à pied. Pour rejoindre les deux autres circuits d’interprétation, il est préférable de disposer d’un moyen de transport personnel.

Nous croisons sur la plage un couple de randonneurs parisiens amoureux de la Bretagne. Nous échangeons nos impressions sur les étapes du GR et la beauté des côtes bretonnes.

Après un ou deux kilomètres sur la route, le cami de Cavalls sinue le long de propriétés privées entre des murs de pierre sèche imposants. Nous découvrons nos premières tortues terrestres (Tortuga hermanii). A notre approche, elles se réfugient sous les arbustes. Par une forte descente, nous rejoignons la mer, la côte est très vallonnée. Quelques bâtisses blanchies à la chaux semblent être les gardiennes des petites criques rocheuses que nous traversons. Puis nous arrivons sur la belle plage de Sa Mesquida. Pour rejoindre Mahon, nous n’avons pas d’autre choix que de marcher sur la route. A l’approche du port, des travaux routiers rendent les conditions de survie du piéton très aléatoires. Sur la promenade du port, notre anxiété nous quitte et nous profitons d’un environnement agréable pour rejoindre l’hôtel.
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Carte Openstreet ; Tracé Sitytrail World sur Quechuaphone 5

Dimanche 29 juin

Alaior est la deuxième ville, située à l’intérieur de l’île, sur l’axe Mahon-Ciutadella. Une affiche vantant une exposition sur les pratiques agraires de l’île nous a motivés pour y faire un détour.

Malheureusement, nous avons trouvé porte close. Nous nous sommes contentés de circuler dans les petites rues à la recherche des sculptures bovines décorées chacune par un artiste différent.
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Décoration bovine                                                                                      Ruelles de Alaior

Puis nous sommes retournés à San Bou s’emplir les poches d’un sable à la granulométrie ultra fine, se laisser porter par une eau à la densité saline élevée, s’exposer au rayonnement solaire pour éviter la carence en vitamine D.

Nous avons également dépensé un peu d’énergie en poursuivant sur le Cami vers la petite plage de Llucalari. L’amoncellement de débris végétaux sur l’estran ne rendant pas le site très accueillant, nous sommes retournés sur la grande plage terminer notre après-midi farniente.

Lundi 30 juin

Pour notre dernier jour sur Minorque, nous devons terminer en beauté.

Pour cela, nous avons choisi d’effectuer les étapes 2 et 3 du Cami qui chemine en grande partie dans le parc naturel de S’Albufera des Grau, au nord-est de l’île. Nous quittons Mahon pour le port d’Addaia. Après une heure de marche, nous entrons dans la zone préservée, puis nous traversons d’anciennes salines transformées en sanctuaire ornithologique. Les couleurs de la végétation halophile, des microalgues et des dépôts de sel sur une terre orangée sont surprenantes à peu de distance d’une mer aux eaux turquoise. Le phare de Favaritz s’impose sur son promontoire rocheux.
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Les salines de Sa Albufera                                                                             Entre Mer et étang lacustre

Sa tour cerclée de bandes noires et blanches se repère de fort loin. La côte est creusée de vallons qui débouchent sur de belles plages de sable. Le sentier s’étire au plus près de la côte. Nous admirons la houle du large venir se fracasser sur les pointes rocheuses. Nous attendons d’être arrivés à Es Brau avant de poser la serviette de bain, d’une part pour être sûr de ne pas rater le dernier bus pour Mahon, d’autre part pour profiter d’une baie magnifique et de la possibilité d’aller boire un verre à la terrasse ombragée du café du village.

Pour le repas du soir, nous avons réservé au restaurant de l’hôtel. Nous nous retrouvons dans une ambiance repas ouvrier. Pour une somme modique, nous dînons de manière honorable. Nous profitons de l’ambiance nocturne de la ville pour un dernier verre de pomada sur la place de la Mairie.
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Carte Openstreet ; Tracé Sitytrail World avec Quechuaphone 5

Mardi 1er juillet

Malgré l’heure matinale, le patron de l’hôtel nous a servi un petit déjeuner allégé avant d’embarquer dans le taxi pour l’aéroport.

Trop prévoyants, nous étions les premiers à enregistrer nos bagages. Trop distraits, nous étions les seuls à être à la mauvaise porte d’embarquement.

Néanmoins, nous sommes arrivés à bon port, comblés, épanouis de cette escapade minorquine.
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                                 Tortue terrestre (Tortuga hermanii)