Dimanche 19 mars 2017

Tarbes, ce chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées, est notre lieu de rendez-vous avant de rejoindre Vielha, en Catalogne. Avec deux heures d’avance, nous en profitons pour parcourir le théâtre de verdure et le centre-ville. Nous laissons notre véhicule près du centre administratif où les places de parking sont libres, à 5 mn à pied de la gare SNCF. Dans le hall, nous faisons connaissance d’un des membres de notre groupe inscrit au séjour raquettes gourmandes dans le Val d’Aran.

A l’heure dite, le minibus conduit par Eric, notre guide, stoppe devant la station ferroviaire. Deux autres personnes nous rejoignent et viennent compléter notre petit groupe.

Notre trajet, prévu pour durer initialement soixante-dix minutes, se prolonge au-delà des deux heures. Première péripétie, une bretelle d’autoroute loupée avec obligation de faire demi-tour et de repasser au péage, deuxième péripétie, perte du ticket de sortie de l’autoroute, fouille méticuleuse du fourgon, discussion avec l’opératrice via la borne automatique. Toutes ces distractions à la Pierre Richard déclenchent des fous rires et des moqueries qui rendent le transfert animé et joyeux.
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Nous sommes déposés au pied de l’hôtel Riu Nerre, en plein centre-ville de Vielha. Après un savoureux repas, nous fixons le rendez-vous du lendemain matin au petit déjeuner à huit heures.

Lundi 20 mars 2017

Parking de l’Orri – Lacs de Baciver
Longueur : 10 km
Dénivellé : ±535 m

Dès huit heures quarante-cinq, nous prenons place dans le fourgon pour rejoindre la station de ski du Val d’Aran. A faible altitude, la neige est rare. Vers 1800 mètres, les pentes montagneuses sont recouvertes d’un beau manteau blanc. Chacun récupère une paire de raquettes, une paire de bâtons, un DVA (détecteur victime avalanche). La première leçon consiste à régler correctement les fixations des raquettes et la hauteur des bâtons, puis ensuite à positionner et à fixer le DVA sur le côté de l’abdomen.

Ainsi parés, nous franchissons les pistes de ski damées en direction du tuc de Perros. Les premières montées s’avèrent difficiles pour Maryse qui se fait régulièrement distancer par le groupe. Nous grimpons dans une neige compacte jusqu’au lac inférieur de Baciver. Sur les bords exposés au soleil, la couche de glace fond, traçant une frontière bleuâtre entre l’élément liquide et la couche terrestre.
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L’effort et la chaleur participent à l’effeuillage. Tout le monde se retrouve en tee-shirt à gravir les dernières pentes vers le lac supérieur. Quelques rochers, émergeant de la couche neigeuse, serviront à accueillir des ventres affamés. Chacun dispose sur la petite nappe vichy, sortie du sac de notre guide à l’admiration de tous, les diverses victuailles réparties au départ de la randonnée.

Avant de faire demi-tour, petite séance de sauvetage en montagne pour comprendre et savoir utiliser son DVA. Deux d’entre-nous vont, tour à tour, essayer de retrouver un potentiel skieur enseveli sous une épaisse couche de neige. Ma compagne, en moins de dix minutes, dégage la pochette émettrice et savoure son efficacité.

Après la pratique de la raquette en montée, nous sommes confrontés à la technique du planter du talon pour dévaler les pentes. De nombreuses chutes témoignent d’une maîtrise partielle du centre de gravité de notre corps sur ces déclivités.

De retour à l’hôtel, chacun vaque à ses occupations avant de se retrouver pour l’apéro de bienvenue offert par la Balaguère. Les spécialités espagnoles sont à l’honneur : vin rioja et tapas.
Basiver
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Mardi 21 mars 2017

Parking de l’hôpital du col de Vieilha - La vallée de Molierès
Longueur : 7,5km
Dénivelllé : ±527m

Sous une météo clémente, nous franchissons le tunnel de Vielha pour remonter la vallée de Rius. A l’hospice de Vielha, le manque de neige nous contraint à fixer les raquettes sur le sac à dos, au plus grand bonheur de Maryse. Nous franchissons des zones de tourbières où la grenouille rousse a pondu de multitudes œufs sous forme d’une gelée aqueuse. Nos pas traversent des anciennes coulées d’avalanches caractérisées par des enchevêtrements de pierres et de troncs d’arbres broyés et déchiquetés. Après 300 mètres de dénivelé positif, nous retrouvons la neige. La montée est raide, Eric trace le chemin en lacets afin de faciliter l’ascension. Malgré cela, Maryse peine à suivre et à une heure du refuge de Moliéres, Eric décide de rebrousser chemin. Nous redescendons, en profitant d’une pente bien raide, pour approfondir le planter du talon.
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Sur un replat herbeux, à proximité du torrent, nous déballons le pique-nique. Nous prenons le temps d’une petite sieste avant de rejoindre le parking par une voie forestière. Nous tombons sur le balisage d’un chemin de mémoire concernant la fuite des républicains espagnols durant la guerre d’Espagne. Notre guide béarnais nous relate une page d’histoire sur les camps de transit, installés pour la circonstance, faisant écho à l’actualité d’aujourd’hui.

Arrivés de bonne heure à l’hôtel, nous nous plongeons dans la lecture et l’écriture avant de rejoindre les membres du groupe pour aller boire un verre de rioja avec un tapas offert selon la tradition à Vieilha, tous les mardis soirs.
Molires
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Mercredi 22 mars 2017

Banos de Tredos - Refuge de Colomers
Longueur : 18,5km
Dénivellé : ±928m

La route est fermée en amont de Banos de Tredos. A pied, par manque de neige, nous rejoignons l’hôtel de Banos, par un sentier tracé au milieu d’une forêt d’hêtres et de pins. Nous chaussons les raquettes sur une piste couverte d’une neige plaisante à fouler. Nous remontons le long d’un torrent, dont l’eau cristalline se reflète sur les amas neigeux déposés sur les pierres à demi immergées. Nous quittons la piste pour bifurquer vers le refuge de Colomers. Nous traversons une vaste cuvette avant d’apercevoir l’ancien refuge et le barrage du lac de Colomers. Nous déchaussons nos raquettes pour traverser le barrage et atteindre le vieux refuge où nous devions déjeuner à l’abri du vent. Malheureusement, l’accès est condamné et nous devons poursuivre vers le nouveau bâtiment, implanté 300 mètres plus en amont à 2137 m d’altitude.
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Sur le lac, c’est la débâcle, la glace en fondant, laisse apparaître de longues traînées bleuâtres.
Nous profitons d’une belle salle à manger, avec vue sur le cirque de Colomers. Durant la descente, malgré la présence de l’astre solaire, l’atmosphère s’est refroidie, quelques flocons virevoltent, et chacun de sortir gants et bonnets.

A 18 heures, nous arrivons harassés, mais fort contents d’une telle journée où chacun a pu savourer le plaisir de la marche en raquettes, dans des conditions sereines.

Ce soir, Eric nous a donné rendez-vous à la Sideria pour une soirée grillades. Chacun, au pied d’un fût immense, tente de remplir son verre à la clé placée à hauteur d’homme, sans s’asperger chaussures et pantalon, d’un cidre âpre et peu sucré.

Après une entrée copieuse, nous avons, au choix, une pièce de bœuf de 500 grammes ou un maquereau grillé. Malgré une journée physiquement ardue, nous avons du mal à venir à bout de notre plat. En dessert, certains n’hésitent pas à commander du riz au lait.
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Jeudi 23 mars 2017

Arteis- Vallée de la Restanca
Longueur : 7,6km
Dénivellé : ±566m

En ouvrant les rideaux de la chambre, les toitures et l’environnement arboré de Vieilha sont recouverts d’une fine pellicule blanche. Les chutes de neige n’ont pas cessé lorsque nous descendons prendre le petit déjeuner. Notre guide repousse l’heure du départ à 10h30.
Le ciel s’éclaircit, le soleil perce la ouate. A Arteis, nous prenons le temps d’aller jeter un coup d’œil à l’église fortifiée. Malheureusement, les portes sont closes. Une petite route enneigée nous amène au pied d’une piste forestière. Nous chaussons les raquettes et nous traçons notre chemin dans une couche de neige fraîche d’une épaisseur de 20 cm. La gente masculine se relaie pour ouvrir la voie. Les sapins et les roches se sont habillés d’une parure légère et blanche qui s’égrène au moindre souffle de vent. Nous quittons la piste pour entrer dans un champ de blocs couvert de neige. La progression devient difficile. Nous nous arrêtons au pied d’un torrent sur une petite zone plate. Avec les raquettes, c’est un jeu d’aplanir la neige, et d’avoir ainsi une aire de pique-nique avec vue panoramique sur la vallée. Après le repas, une nouvelle séance de sauvetage en montagne s’improvise. Deux autres volontaires se prêtent au jeu du détecteur et de la pelle.
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Nous tentons de grimper au niveau d’une ligne de crête, mais la progression s’avère délicate et l’heure tardive nous incite à rebrousser chemin.

Nous nous retrouvons, dans la salle de réception de l’hôtel, pour déguster la bouteille de Jurançon apportée par Maryse, la régionale du séjour.
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Vendredi 24 mars 2017

Parking d’Audeth – Hospice de Montgarri
Longueur : 11,5km

Dénivellé : ±393m

Nous nous retrouvons sur l’immense parking de la station de ski du Val D’Aran. Sur le plateau où se côtoient ski de fond, motoneiges et chiens de traîneau, nous marchons sur la piste tracée par les chenilles des engins pétaradants en direction du sanctuaire de Montgarri. La neige, tombée la veille, recouvre toute la vallée et les montagnes environnantes, excepté aux endroits les plus exposés aux rayons du soleil. Une cohorte de scooter des neiges vient troubler la sérénité de l’endroit et la pureté de l’air ambiant par une grosse bouffée d’hydrocarbures volatils. L’embonpoint des motoneigistes laisse penser que la marche en raquettes ne doit pas être leur tasse de thé.

L’église du sanctuaire apparaît au milieu de nulle part. Imposante, elle domine le fond de la vallée, au pied d’un torrent tumultueux. L’enceinte renferme également le refuge gardé. L’intérieur de l’église expose une multitude de photographies du sanctuaire et des fêtes religieuses datant de 1890 à nos jours. Nous profitons de l’abri hors-sac pour déjeuner. Le temps s’est couvert. Les premiers flocons de neige glissent sur nos vêtements goretex. Une nouvelle atmosphère, le jour blanc, s’installe sur le plateau. Notre dernière randonnée s’achève sous une ambiance féérique.
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Nous nous arrêtons à Salardu, le temps de visiter l’église aux murs couverts de magnifiques peintures murales du XVIIème et possédant un christ en bois, sculpture romane du XIIème siècle. Puis nous passons un moment, en attendant l’ouverture du musée du Pyrénéisme, autour d’un chocolat chaud à discuter de notre expérience des séjours organisés. Etant le seul à paraître intéressé par la visite du musée, nous déclinons la proposition d’Eric et nous rentrons à l’hôtel.
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Pour notre dernière soirée, la formule propose une soirée bar à tapas. Nous nous retrouvons dans un endroit assez quelconque, assez bruyant, à déguster des tapas pas spécialement raffinés. L’ambiance est, malgré tout, assez conviviale.

Nous avons trouvé tout notre intérêt à partir, avec un guide, dans un univers dont nous ne connaissons pas tous les dangers. Il nous a également fait découvrir la technicité de la marche en raquettes, la culture, la faune et la flore du Val D’Aran. Il nous a déchargés de toute la logistique et nous a permis de profiter de nos journées en composant avec l’enneigement existant dans telle ou telle vallée.