Orbey, au cœur du pays Welche, est une commune située à l’ouest de Colmar, à 450 mètres d’altitude. De par sa position, nous irons à la découverte de la forêt vosgienne et de la route des vins d’alsace.
Le pays welche est une enclave en pays alsacien qui possède son patois roman et ses coutumes.
Nos hôtes mi-welche et mi-alsacien nous accueillent avec beaucoup de sympathie, en nous offrant pour le petit déjeuner, un kouglof fait maison.
Nous découvrons un bourg authentique, où l’emprise touristique n’a pas défiguré la vie locale. Nous prenons le temps d’une petite flânerie avant de retourner au gîte, préparer notre randonnée du lendemain.
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Vue générale d'Orbey                                                                        Emblème alsacien

Dimanche 2 juillet : Le tour des lacs : 14,5km ±500 m de dénivelé
Nous garons la voiture au col du Calvaire. Le balisage du club vosgien est spécifique. Il nous faut donc bien repérer les sigles correspondant aux divers tronçons qui composent notre circuit.
Après une demi-heure de marche, nous arrivons dans une clairière mais les marques ont disparu. Nous grimpons à travers la forêt, avec un doute certain d’être hors sentier. En effet, au sommet, nous retrouvons une sente bien piétinée et balisée qui parcourt la crête. Nous quittons progressivement le couvert des arbres pour un horizon bien dégagé. Nous sommes dans les hauts chaumes. Quelques diverticules permettent de découvrir un magnifique panorama sur le lac Blanc. Nous croisons de nombreux groupes intergénérationnels qui viennent s’oxygéner et déguster les plats locaux dans les fermes auberges.
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Mes hautes chaumes                                                                         Ferme auberge du lac des truites

Nous contournons le lac des truites où de nombreux promeneurs sont venus déballer leur nécessaire de pique-nique. Nous poursuivons en direction du lac Noir où une nouvelle usine hydroélectrique va être construite afin de produire une électricité responsable. Une conduite forcée permet aux eaux du Lac blanc de faire tourner la turbine en remplissant le lac noir. Aux heures creuses, l’eau est renvoyée vers le lac blanc, cent mètres plus haut. Un sentier escarpé et sinueux nous amène au fameux lac blanc. Les truites arc en ciel et fario, les perches et les ombles chevalier font le bonheur des pêcheurs à la ligne. Sur la route du retour, nous passons au cellier des montagnes, magasin de producteurs locaux, pour acheter munster, miel de fleurs et bière locale.

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Carte IGN Expresse standard ; Tracé Sitytrail sur Asus Zenphone

Lundi 3 juillet ; Le mémorial du Linge : 19,5 km ±670 m de dénivelé
Près de l’église d’Orbey, le panneau directionnel nous indique le chemin à suivre pour rejoindre une boucle nommée «des sources». Nous grimpons au-dessus d’Orbey, profitant d’une vision panoramique du bourg. Nous traversons des prairies en cours de fauchage. L’odeur du foin, avec le soleil naissant, embaume la campagne. Nous arrivons sur de larges pistes forestières qui desservent les différentes sources auxquelles on a donné des prénoms féminins (Blandine, Catherine, etc..).
Certaines sont mises en valeur, d’autres sont cachées par une simple plaque de fonte. Des affûts de chasse sont implantés le long de la piste, mais nous ne verrons ni l’ombre d’un cerf, ni la trace d’un sanglier. Un long détour nous amène au champ de bataille du Linge. Nous avons une petite demi-heure pour découvrir l’histoire de cette terrible boucherie du collet du Linge, au travers des expositions du mémorial implanté à proximité des tranchées. En marchant sur la ligne de crête qui sépare les systèmes de défense allemands fortifiés et les positions françaises à peine visibles, enfouies sous la végétation, nous prenons conscience de la proximité des combattants séparés par une dizaine de mètres à peine. Un chiffre terrifiant : 17 000 morts en six mois de combat pour défendre cette colline vosgienne.

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A l’aide du GPS, nous quittons ce haut lieu symbolique pour couper au droit à travers la forêt. Nous retrouvons notre sentier balisé d’un rond jaune. Les sources s’égrènent le long de la route jusqu’au village des Basses Huttes. Une petite halte s’impose, auprès de la fontaine et de l’église avant de retrouver le chemin du retour vers Orbey. Au-dessus de l’église, sur le sentier en balcon, un cerisier nous tend ses fruits. Délicieuses, succulentes, charnues et sucrées, quelques poignées de cerises font notre goûter.
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Carte IGN Scan Express ; Trace Sitytrail sur Asus zenphone


Mardi 4 juillet : Visite de Colmar et de Kaysenberg
Lapoutroie, son musée des eaux de vie mais surtout son boucher-traiteur, chez qui nous allons nous ravitailler, sur les conseils avisés de nos propriétaires, en choucroute et en bäekeoffe.
Direction Colmar surnommé La petite Venise alsacienne. Nous baguenaudons dans les rues et les ruelles aux maisons à colombages. Tous les balcons ont leurs potées fleuries, débordantes de géraniums. De la rue des têtes, où une maison originale présente plus de 106 masques grimaçants sculptés sur sa façade, nous passons rue des boulangers et ses enseignes en fer forgé, pour arriver place de la Cathédrale. La collégiale consacrée à Saint Martin a été construite au XIV ème siècle en grès jaune de Rouffach. La toiture en tuiles vernissées est remarquable. De l’autre côté, nous franchissons le corps de garde de style renaissance rhénane, traversons le porche de Koifhus (ancienne douane) pour rejoindre la place de l’ancienne douane. Le marché couvert est proche, nous y jetons un coup d’œil. Les étals sont remarquablement bien ordonnés et décorés. Tout respire l’attrait touristique et peu le marché local. En sortant, nos yeux se braquent sur les maisons du quai de la poissonnerie. Une enfilade de maisons à colombage, colorée et fleurie. Puis nous débouchons dans le quartier pittoresque de la petite Venise.

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La faim se fait sentir. Nous avons repéré une winstub, près de la cathédrale, la Soï, 17 rue des Marchands. Des tartes flambées, étalées sous nos yeux, servies sur des plateaux de bois, découpées et prêtes à être savourées. Nous avons essayé la tarte sucrée aux pommes. Une tuerie. Une adresse à consommer sans modération.
Sur la route du retour, nous nous arrêtons à Kaysenberg. Une rue principale hyper commerçante dessert des ruelles adjacentes aux maisons amoureusement mises en valeur. La floraison est partout. Les murs, les balcons, les jardinets sont ornementés de jardinières bigarrées. Malgré la chaleur, nous grimpons au donjon du château, ouvert à tous les vents. D’en haut, le panorama sur la ville, les vignes, la plaine et le contrefort des Vosges est spectaculaire. C’est une petite cité de caractère qui porte bien son nom. Il fait bon s’y promener.

Mercredi 5 juillet : Rando des Crêtes : 17 km +732m -732 m
Notre véhicule est garé, à l’ombre de grands arbres, au col du Pré de Raves. Nous marchons en direction du col de Sainte Marie aux Mines, sur le versant Nord de la crête des Vosges. Le chemin serpente dans une forêt de sapins qui laisse entrevoir l’immense étendue de la forêt vosgienne. Après quelques montagnes russes, nous posons le pied dans une petite clairière où a été planté par les américains, durant la seconde guerre mondiale, l’arbre de la liberté.
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L'arbre de la Liberté                                                                          Ancienne casemate

Des vestiges de la première guerre mondiale longent cette ligne de crête âprement défendue jusqu’au col Sainte Marie. Le sentier du retour emprunte de larges allées forestières. Des casemates, recouvertes par la végétation surgissent au détour d’un virage. Nous sommes également sur le sentier nommé « Les chemins de guerre ». De retour au col du Pré des Raves, nous galérons un moment à trouver le chemin qui mène au col des Bagenelles. Une partie du balisage a été modifiée, mais les repères disparaissent dans la nature. Grâce au GPS, nous arrivons à situer la trace. Nous traversons de magnifiques prairies qui dominent les vallées environnantes. Seuls les quelques remonte-pentes donnent l’impression de forte déclivité. Au col, nous pataugeons un peu à retrouver le bon balisage. Nous longeons une ferme auberge, nous traversons quelques pâtures et nous retrouvons la route des crêtes pour nous ramener à notre véhicule.
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Carte IGN Scan Express ; Trace Sitytrail sur Asus zenphone

Jeudi 6 juillet : Rando Orbey-Labaroche et visite du musée du bois : 13.7 km +519 -527m
De l’église d’Orbey, le chemin grimpe aussitôt en direction du village de Morey Fontaine. La fenaison bat son plein, avec un peu en retard, dû à un printemps pluvieux. La faucheuse, la faneuse et la botteleuse sont sur tous les fronts. L’air sent bon le foin coupé et remué. Nous arrivons dans la partie haute de Labaroche, Le mitage est important, les maisons sont dispersées sur les collines, dans de nombreux hameaux. A la chapelle, différents sentiers convergent. Nous choisissons de rejoindre l’église, car comme tout village qui se respecte, les commerces se trouvent autour du lieu-saint. A Labaroche, c’est différent. L’église jouxte le cimetière et les maisons d’habitation. Nous devons donc nous diriger vers Labaroche place. Les sentiers passent entre les jardins et font découvrir toute l’étendue de la commune par des boucles vertueuses.
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Nous rejoignons la place centrale par de belles prairies en fleurs. Tous les commerces et services sont concentrés au même endroit. Nous nous installons à la terrasse d’un snack-bar en attendant l’ouverture du musée.
Nous sommes accueillis au musée du bois par un retraité du métier. Il nous fait découvrir toutes les machines anciennes qui ont servi à façonner cette matière première de la région. Du scieur en long, au sabotier, au menuisier, à l’ébéniste, au sanglier (pour les boîtes de fromage), au charron, au tonnelier, les machines coupent, poncent, rabotent, fendent, transforment. Durant trois heures de temps, il nous dévoile sa passion pour ces métiers qui se sont mécanisés au fil du temps. Une collection de jouets en bois extraordinaire complète cette mémorable visite.
Il est temps de prendre le chemin du retour, en prenant au plus court, vu l’heure avancée de l’après-midi.
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Carte IGN Scan Express ; Trace Sitytrail sur Asus zenphone

Vendredi 7 juillet : Visite des villages alsaciens
En route pour Ribeauvillé, sur la route des vins. Notre propriétaire nous a donné l’adresse d’un vigneron-récoltant pour ramener quelques bouteilles de ces doux breuvages alsaciens. Nous tournons en rond dans le village de Mittelwhir, notamment près du cimetière où devait se trouver la cave. Notre compréhension de l’alsacien a du défaillir. Après un coup de fil, nous comprenons notre erreur, autant sur le nom de la commune (Ammerschwhir) que celui du vigneron (Kappler). La température avoisinant les 30°c, nous décidons de remettre cette visite sur la route du retour afin de préserver le vin de tout choc thermique.
Un aller et retour dans la rue principale de Ribeauvillé avant de revenir vers le village de Hunawwhir. Son église remarquable du XIIème siècle, consacrée à Saint Jacques le Majeur, renferme un ensemble de fresques en quatorze panneaux consacré à la légende de Saint Nicolas. Cette église fortifiée, entourée de remparts, permettait aux habitants de venir s’abriter. Les Catholiques et les Protestants se partagent ce même lieu de culte et sont enterrés les uns au pied de l’église, les autres au pied des remparts. Le village est agréable, une certaine douceur de vivre se fait sentir en déambulant dans les rues.
Nous terminons par le village de Riquewhir. Il semble figé dans sa notoriété touristique tel un décor trop sophistiqué.
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Nous trouvons notre cave près du cimetière d’Ammerschwhir. Notre vigneron se fait un plaisir de nous faire goûter toute sa production, du plus basique, l’Edelzwicker au plus élaboré le grand cru Gewurztraminer kaefferkopf, en passant par les Riesling, Sylvaner, Pinot, Crémant et Marc d’Alsace.
Malgré avoir recraché une bonne partie des vins selon le rituel de la dégustation, nous repartons avec quelques cartons sous le bras et surtout un sentiment de légèreté et de gaieté.